Archives de Tag: Sondage

Les sondages, les autres perdants d’Hénin-Beaumont

Au-delà de sa défaite à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon a sans doute été victime des sondages. Comme à la présidentielle, les instituts de sondages ont sous-estimé Marine Le Pen et surestimé Mélenchon, apparaissant alors comme les autres grands perdants du premier tour des législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Certes,  le trio de tête a été donné mais les sondages se sont trompés sur plusieurs points. Ainsi, même si Marine Le Pen a été placée en tête, elle a réalisé un score beaucoup plus élevé que prévu, l’écart s’élevant parfois à plus de dix points. Mais surtout, en plaçant Jean-Luc Mélenchon en deuxième position devant le socialiste Philippe Kémel, les sondages se sont lourdement trompés. Même si certains sondages publiés juste avant le premier tour avaient noté que l’écart se resserrait entre Mélenchon et son rival socialiste, ils n’ont cependant pas réussi à annoncer des résultats proches de la réalité. Cet échec des enquêtes d’opinion met en perspective les difficultés qu’ont les instituts de sondage à annoncer des résultats proche de la réalité dans les scrutins locaux. En effet, les échantillons étant limités, les marges d’incertitudes sont beaucoup plus importantes que celles de la présidentielle et expliquent alors le manque de fiabilité des sondages qui étudient les circonscriptions. D’autre part, même si certains habitants d’Hénin-Beaumont font preuve d’un « marinisme décomplexé », le vote Front National reste difficile à évaluer, surtout dans un bastion socialiste et communiste où les électeurs n’assument pas forcément leur choix. Au-delà de la question des sondages, qui se destinent normalement uniquement à faire la photographie de l’électorat à un moment précis, leur faillite à Hénin-Beaumont s’est révélée être un véritable sujet politique. En effet, en début de campagne, Mélenchon, à peine parachuté, était crédité de 25 % dans les sondages, ce qui n’avait pas manqué d’indigner  Marine Le Pen dénonçant son principal rival comme « le candidat des sondeurs et des journalistes ». Ainsi, cette faillite des sondages donne raison au Front National et participe donc à renforcer les critiques que porte depuis longtemps Marine Le Pen à l’encontre des sondages. De son côté, Herve Poly, suppléant de Mélenchon, explique la défaite du candidat du Front de Gauche par  la publication d’un sondage juste avant le premier tour plaçant Philippe Kémel comme le candidat le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour. Le candidat socialiste disposant alors d’une majorité plus confortable a donc pu bénéficier d’un vote utile au dernier moment. Les sondages ont donc joué un rôle déterminant dans la campagne du premier tour, mais il sera difficile pour eux d’apparaître comme crédible compte tenu de leurs multiples erreurs. Cependant, les instituts de sondages s’accordent à prévoir un second tour très serré. En effet, le Front National a recueilli 42 % des voix dès le premier tour tandis que le candidat du centre et de la droite a fait 8 %. Ainsi, si l’on se place dans la perspective d’un report de voix de la droite modérée vers Marine Le Pen, la candidate du Front National peut espérer frôler les 50 %. Il faut toutefois noter que le candidat du MoDem soutenu par l’UMP, Jean Urbaniak appelle à voter Philippe Kémel au second tour. Ainsi, la circonscription reste gagnable pour le candidat socialiste qui compte bien rassembler derrière lui les électeurs de Mélenchon et du reste de la gauche dans le cadre d’un Front Républicain. Mais, cette mobilisation derrière le Parti Socialiste reste fragile compte tenu de l’abstention massive qui s’est élevée à 42 %.

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[Direct] Hénin-Beaumont : Kémel crée la surprise

Les résultats du premier tour des élections législatives dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, où s’affrontent notamment Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Résultats 1er Tour (11ème circonscription)

A la surprise générale, c’est Philippe Kémel qui affrontera Marine Le Pen au second tour.

Abstention : 42,88%

Résultats 1er Tour (Ville d’Hénin-Beaumont)

 Sondage 2ème Tour

 Sondage IFOP-Fiducial

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La France vote, Hénin-Beaumont aussi…

C’est sans doute la circonscription la plus observée de France. Dans quelques heures retentira l’heure de vérité pour les candidats de la 11e circonscription du Pas-de-Calais au sortir d’une impitoyable campagne au paroxysme de la violence.

Jean Luc Mélenchon (Front de Gauche)

C’est la bataille la plus risquée de sa longue carrière politique. Toutefois, même si Marine Le Pen a recueilli 30 % des voix au premier tour dans la 11e circonscription, la circonscription reste très ancrée à gauche puisque ses habitants ont voté à plus de 60 % pour Hollande au second tour. Dans ce contexte, le candidat du Front de Gauche bénéficie d’un atout de poids. En effet, le Parti socialiste local est miné par des affaires de corruption et de financement occulte à répétition. Mélenchon fait donc tout pour séduire les électeurs socialistes de la circonscription pouvant compter sur le soutien en off de certains élus socialistes et du MRC, importante force de frappe dans la circonscription. Ainsi, Mélenchon a rapidement compris que son élection se jouait au premier tour. En effet, s’il est présent au second tour, il sera assuré d’une victoire face à Marine Le Pen rassemblant derrière lui les forces républicaines de la circonscription. En multipliant les réunions publiques, les meetings en plein air et en menant une marche pour la fraternité et contre l’austérité, Mélenchon a su donner une dynamique à sa campagne comme le prouvent les sondages qui le donnent gagnant dans tous les cas de figure. Ainsi, La venue de Mélenchon a remis en route la machine militante communiste du bassin minier qui sommeillait depuis la fermeture des mines et la fin des revendications ouvrières. Il fait campagne contre Marine Le Pen comme il la fait lors de la présidentielle. En effet, Mélenchon se nourrit de l’atmosphère pesante instauré par le Front National comme en témoigne la distribution de tracts anonymes pour s’inscrire de son combat contre le fascisme. Cependant Mélenchon doit aussi faire campagne avec son étiquette de « parachuté » et son arrivée tardive sur le terrain, faiblesse dont n’est pas affectée Marine Le Pen.

Marine Le Pen (Front National)

Installée depuis 2007 à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen joue d’abord son entrée à l’Assemblée nationale. Ainsi, son élection lui offrirait une plus forte visibilité nationale et validerait ainsi sa stratégie de dédiabolisation. En effet, en s’implantant sur une terre de gauche dévastée par un chômage massif et de fulgurantes destructions d’emplois, Marine Le Pen cherche incontestablement à apparaître comme la candidate des classes populaires. Elle a été la seule candidate du Front National qualifiée pour un second tour aux législatives de 2007. La liste menée par son bras droit, l’enfant du pays Steeve Briois aux municipales de 2009 avait atteint les 47 % après avoir dénoncé la gestion calamiteuse de la ville par l’ancien maire Gérard Dalongeville. En effet, Marine Le Pen peut s’appuyer sur sa garde rapprochée pour labourer le terrain en son absence. « La bande des 3 B » comme les appellent les médias locaux composée de Steeve Briois, son suppléant, de Bruno Bilde, son directeur de cabinet et de Laurent Brice, responsable de la fédération FN du Pas-de-Calais bénéficient d’une popularité sur le terrain à force de campagne sur les marchés et porte-à-porte. Cependant l’essentiel de ses forces se concentre à Hénin-Beaumont et peine à s’imposer dans les autres municipalités de la circonscription surtout quand celles-ci sont communistes. Créditée de 37 % pour le premier tour, Marine Le Pen espère bien transformer l’essai dans une circonscription où elle a atteint le score de 30 % au premier tour de la présidentielle.

Philippe Kémel (Parti Socialiste)

Mais pour espérer battre Le Pen, Mélenchon doit d’abord passer devant Philippe Kémel, maire de Carvin, deuxième ville la plus importante de la circonscription, investi par le Parti Socialiste. Même si la fédération socialiste du Pas-de-Calais est abîmée par les affaires de corruption, de détournement de fonds et de favoritisme, Philippe Kémel espère bien capitaliser sur le succès de François Hollande qui avait recueilli plus de 28 % des suffrages dans le bassin minier. Ainsi, Philippe Kémel, qui a l’avantage de n’avoir jamais été mêlé aux affaires du PS, mise tout sur son étiquette de candidat pour la majorité présidentielle. Surtout, le candidat socialiste espère bien jouer la carte de l’élu de terrain que lui offre son statut de maire de la circonscription et vice-président de la région, et s’efforce ainsi de donner une couleur locale à sa campagne centrée sur les préoccupations des habitants. Au-delà de la mauvaise image du PS local, Philipe Kémel doit aussi faire face à une division de la gauche. En effet, ses adversaires l’accusent de tricherie à la primaire interne où il n’a été désigné que d’une très courte majorité et n’ont pas manqué de faire pression dès l’arrivée de Mélenchon à Hénin-Beaumont pour son désistement dès le premier tour. Cependant, l’hypothèse d’un second tour opposant Marine Le Pen à Philippe Kémel n’est pas à exclure. En effet, l’écart se resserre entre Jean-Luc Mélenchon fort de ses 25 % et son rival socialiste crédité de 21,5 %. Surtout, dans le cas où Philippe Kémel serait opposé à la candidate d’extrême droite, le candidat socialiste s’imposerait avec 57 %, une marge beaucoup plus importante que celle de Mélenchon qui recueillerait alors 52 % des suffrages. En effet, en adoptant une posture sereine et en s’écartant du choc frontal qui sévit à Hénin-Beaumont, Philippe Kémel pourrait bien créer la surprise…

Jean Urbaniak (MoDem / UMP)

Face à la guerre des trois qui rassemblerait 83 % des voix, le candidat du MoDem, Jean Urbaniak est sérieusement en difficulté. La solution trouvée fut la formation d’un ticket MoDem / UMP inédit dans la circonscription afin de rassembler les forces de la droite et du centre, très peu implantées dans le paysage politique à Hénin-Beaumont. Fort de son expérience en tant qu’ancien député indépendant, qu’il fut entre 1993 et 1997, et de son ancrage local, le maire MoDem de Noyelles-Godault espère, grâce à cette alliance avec l’UMP local, pouvoir accéder au second tour. Cependant, Jean Urbaniak peine toujours à s’imposer dans la campagne marquée par le climat tendu entre les deux fronts. Grand absent sur les marchés et rendez-vous locaux de la circonscription, il mène une campagne sans grand relief en restant exclusivement dans son fief de Noyelles-Godault, seule ville du MoDem de la circonscription où toutes les municipalités sont socialistes ou communistes. Les sondages sont révélateurs de cette situation puisqu’il y est crédité de 13 %.

Marine Tondelier (Europe Ecologie Les Verts)

A l’ombre des poids lourds de la politique française et des barons locaux, une autre candidature fait son bout de chemin à Hénin-Beaumont. En effet, entre meeting, tractage sur les marchés et porte à porte, Marine Tondelier candidate d’EELV s’impose progressivement dans le paysage politique d’Hénin-Beaumont. Cette jeune Héninoise de 25 ans tout juste sortie de Science Po espère bien prouver que l’écologie est la meilleure solution pour répondre aux problèmes du bassin minier frappé de plein fouet par le chômage et la désindustrialisation. Lors du débat télévisé sur France 3 Nord-Pas-de-Calais, elle a fait entendre sa différence, en dénonçant le climat d’occupation instauré par la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription. Marine Tondelier a ainsi montré sa volonté de travailler sereinement et paisiblement dans l’intérêt des habitants d’Hénin-Beaumont. Bien qu’elle ne soit créditée que de 2,5 % dans les sondages, elle espère tout de même créer la surprise et prouver qu’à Hénin-Beaumont, une autre Marine est possible.

Retrouvez les résultats du premier tour des élections législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où s’affrontent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ce soir à 18 heures sur le blog Front contre Front.
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Opération séduction

Une semaine après sa déclaration de candidature pour les législatives d’Hénin-Beaumont, les premiers sondages commencent à tomber sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais et ils sont plutôt bons pour Jean-Luc Mélenchon. En effet, en cas de duel l’opposant à Marine Le Pen au second tour, le leader du Front de Gauche obtiendrait 55 % contre 45 % pour la candidate frontiste selon un sondage Ifop-Fiducial pour le JDD. Même si ce sondage conforte Jean-Luc Mélenchon dans sa volonté de combattre le FN en son cœur, il sonne également comme un coup de tonnere pour le candidat du PS, Philippe Kémel qui ne receuillerait que 18 % des suffrages. Ainsi, ce sondage prouve la réussite de Mélenchon dans son syphonage de l’électorat socialiste, très important dans cette circonscription qui a voté à plus de 60 % pour François Hollande au second tour de la présidentielle. En effet, de nombreux sympathisants socialistes ne se reconnaissent plus dans les dirigeants du PS local impliqués dans des affaires de détournement de fonds et favoritisme. C’est donc tout naturellement que Mélenchon apparait à leur yeux comme le seul susceptible de représenter le monde ouvrier face à cette gauche clientéliste et notabilisée. Le leader du Front de Gauche compte également surfer sur le désaroi dont souffre Philippe Kémel, le candidat socialiste. En effet, ce dernier est totalement inconnu dans la circonscription sauf à Carvin, commune dont il est le maire. Par ailleurs, d’autres barons socialistes locaux remmettent en cause sa légitimité et affirment en off leur intention de voter Mélenchon au premier tour. C’est ainsi que la candidature socialiste ne représente plus de grands enjeux surtout lorsqu’il a affirmé soutenir le candidat du Front de gauche au second tour en cas de duel avec  le FN. Mélenchon a également réussi à séduire les communistes locaux pourtant réticents à sa personnalité. En effet, il n’y avait que 30 % de militants du Parti Communiste à avoir souhaité sa candidature pour la présidentielle sous la bannière du Front de Gauche.

Mélenchon pourra aussi certainement bénéficier du soutien de la fédération du MRC local. Même si d’un point de vue national le soutien du parti de Jean-Pierre Chevènement peut parraître insignifiant, c’est loin d’être le cas dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. En effet, fort de 300 adhérents, le MRC héninois représente une force de frappe avec laquelle seuls le Front de Gauche et le FN peuvent rivaliser. Ainsi, le MRC ne désirant pas soutenir le PS car miné par les dérives affairistes, c’est tout logiquement qu’il soutiendra le candidat du Front de Gauche. Ce soutien serait compréhensible étant donné les liens forts qui existent entre le MRC et le leader du Front de Gauche. En effet, Chevènement et  Mélenchon étaient ensemble contre la première guerre du Golfe et pour le non au référendum du traité européen.

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