Archives de Tag: Parti Socialiste

Dernière surprise à Hénin-Beaumont

Marine Le Pen n’aura jamais été aussi proche du but. Et pourtant, elle chute aux portes de l’Assemblée nationale à l’issue d’une campagne redoutable qui avait déjà vu l’élimination de Jean-Luc Mélenchon dès le 1er tour. Mais la défaite est encore plus amère pour le Front National puisque la victoire s’est jouée sur le fil pour le candidat socialiste qui devance sa rivale que de 118 petites voix. La victoire de Philippe Kémel témoigne ainsi de l’efficacité de la dynamique du rassemblement républicain qui s’était articulée derrière sa candidature. Il a assurément pu bénéficier d’un report de voix massif des électeurs de Mélenchon, d’une partie de la droite modérée et du centre. Cependant, cette victoire de justesse ne dissimule aucunement l’enracinement incontestable du Front National dans le bassin minier. En effet, Marine Le Pen arrive en tête dans sept des quatorze municipalités de la circonscription prouvant ainsi que le vote FN n’est plus simplement un vote de protestation mais bien d’adhésion. La candidate frontiste a mis le paquet pour faire d’Hénin-Beaumont son fief et a ainsi réussi à faire oublier son appartenance à un parti d’extrême droite en se noyant dans le paysage local. En effet, en s’implantant depuis 2006 sur une terre de gauche dévastée par un chômage massif et de fulgurantes destructions d’emplois, Marine Le Pen est apparue comme la seule candidate du monde ouvrier face à une gauche notabilisée et clientéliste. Mais la dénonciation des affaires de corruption qui minent la fédération socialiste du Pas-de-Calais et de la gestion calamiteuse d’Hénin-Beaumont par l’ancien maire, Gérard Dalongeville qui a été démis de ces fonctions en 2009 pour « détournement de fonds, faux en écriture, et favoritisme » n’a apparemment pas été suffisante pour venir à bout de Philippe Kémel dans une région encore considérée comme le bastion du socialisme. En menant une campagne de terrain en toute discrétion, le candidat socialiste a su capitaliser sur le succès de François Hollande dans une circonscription qui l’avait couronné de plus de 60 % des suffrages. Surtout, en restant insensible aux attaques du Front National et en refusant de débattre avec Marine Le Pen, Philippe Kémel a évité tout affrontement direct préférant alors se consacrer aux sujets de fond. Cependant, le candidat socialiste a presque exclusivement mené campagne dans son fief Carvin, ainsi que dans la commune voisine de Libercourt, villes les plus peuplées de la circonscription après Hénin-Beaumont. Ces deux communes où il atteint 53 et 57 % ont permis d’inverser la balance, notamment à Hénin-Beaumont où Marine Le Pen a dépassé les 55 %. Raison de plus pour le Front National de s’indigner contre la victoire de Kémel. En effet, ces deux villes ont été intégrées à la 11e circonscription à l’issue du redécoupage administratif de 2012. Le Parti socialiste a gagné de peu, mais le Front Nation intensifie son implantation dans le bassin minier, de quoi faire redouter une opposition frontiste pour les prochaines municipales aux maires socialistes et communistes de la circonscription.

Une chose est certaine. Les médias n’ont pas encore fini de parler d’Hénin-Beaumont… En effet, Marine Le Pen a demandé un recompte des bulletins compte tenu de l’écart de 118 voix entre les deux candidats qu’elle considère comme de la tricherie. Pour ce faire, la candidate du Front National n’a pas manqué de rappeler que Philippe Kémel avait déjà été soupçonné de tricherie lors de l’investiture socialiste. La Préfecture ayant refusé la requête de Marine Le Pen, le Front National va rapidement déposer un recours sur la table du Conseil Constitutionnel pour faire invalider l’élection. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon a annoncé son intention de s’implanter localement et d’ouvrir une permanence du Parti de Gauche à Hénin-Beaumont où il sera présent une fois par semaine afin de combattre durablement le Front National au cœur. Mais surtout, ce sont les municipales de 2014 qui attirent déjà tous les regards et les ambitions. En effet, Steeve Briois, suppléant de Marine Le Pen a d’ores et déjà annoncé son ambition de briguer la Marie d’Hénin-Beaumont, tout comme l’ancien maire Gérard Dalongeville dont le procès se tiendra courant 2013. A Hénin-Beaumont, les habitants n’en sont pas au dernier rebondissement. Affaire à suivre…

Actualisation : La bataille qui avait opposé Marine Le Pen et Mélenchon est loin d’être terminée. La présidente du tribunal correctionnel de Béthune a fixé au 11 octobre l’audience concernant l’affaire des faux tracts.

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L’actualité et les résultats du 2nd tour à Hénin-Beaumont en direct

Résultats 2nd Tour (11ème circonscription)

Philippe Kémel est élu député de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais.

La victoire de Kémel témoigne de l’efficacité de la dynamique du Front Républicain qui s’était articulée derrière sa candidature. Ainsi, il a pu bénéficier d’un report de voix massif des électeurs de Mélenchon, du reste de la gauche, et d’une partie de la droite modérée.

Abstention : 40,82%

Résultats 2nd Tour (Ville d’Hénin-Beaumont)

Les résultats de la ville d’Hénin-Beaumont sont à prendre avec précaution. En effet, Marine Le Pen y avait recueilli 48,21 % des suffrages, soit 5,85 points au-dessus lors du premier tour.

22h37 - La demandé de recomptage des bulletins a été refusé par la Préfecture. Le Front National annonce qu’il déposera donc un recours au Conseil Constitutionnel pour faire invalider l’élection.

21h54 – Marine Tondelier (EELV) condamne les méthodes du Front National en disant que "l’élection aurait pu être invalidée" en raison des tracts anonymes et de l’affichage sauvage.

21h46 - Steeve Briois (FN) déclare que "ce soir, il n’y a ni perdant ni gagnant" et dénonce des "milices communistes" qui auraient distribués des tracts hier sur le marché de Méricourt.

21h26 - Martine Aubry salue la victoire de Philippe Kémel.

21h00 – Marine Le Pen demande un recomptage des voix auprès de la Préfecture.

20h52 - Une dizaine hommes armés ont été arrêtés par la police à Hénin-Beaumont.

20h50 - Jean Marie Le Pen accuse Jean Urbaniak (MoDem / UMP) d’être a l’origine de la défaite de Marine Le Pen. En effet, le candidat du MoDem soutenu par l’UMP à appeler à voter pour Philippe Kémel au second tour.

20h00 - Marine Le Pen arrive largement en tête dans la ville d’Hénin-Beaumont avec plus de 55% des voix.

18h00 – Fermeture des bureaux.

17h00 – Le taux de participation à 17h dans le Pas-de-Calais s’élève à 45,67 %. Pour le 1er tour, il était, à cette heure-ci, de 47,50%..

12h00 - Le taux de participation à midi est de 17,65 % dans le Pas-de-Calais. La semaine dernière, il était, à la même heure plus faible, à 15,83 %.

11h15 - Marine Le Pen et Steeve Briois, son suppléant, votent au bureau de l’école Jean-Jacques Rousseau d’Hénin-Beaumont où elle avait recueilli 48,88 % des suffrages au premier tour.

10h00 - Phillipe Kémel, le candidat socialiste vote à Carvin, la commune dont il est le Maire avant de faire une tournée de la circonscription.

08h00 - Ouverture des bureaux de vote dans les 14 communes de la 11ème circonscription.

Résultats du 1er Tour

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Les sondages, les autres perdants d’Hénin-Beaumont

Au-delà de sa défaite à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon a sans doute été victime des sondages. Comme à la présidentielle, les instituts de sondages ont sous-estimé Marine Le Pen et surestimé Mélenchon, apparaissant alors comme les autres grands perdants du premier tour des législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Certes,  le trio de tête a été donné mais les sondages se sont trompés sur plusieurs points. Ainsi, même si Marine Le Pen a été placée en tête, elle a réalisé un score beaucoup plus élevé que prévu, l’écart s’élevant parfois à plus de dix points. Mais surtout, en plaçant Jean-Luc Mélenchon en deuxième position devant le socialiste Philippe Kémel, les sondages se sont lourdement trompés. Même si certains sondages publiés juste avant le premier tour avaient noté que l’écart se resserrait entre Mélenchon et son rival socialiste, ils n’ont cependant pas réussi à annoncer des résultats proches de la réalité. Cet échec des enquêtes d’opinion met en perspective les difficultés qu’ont les instituts de sondage à annoncer des résultats proche de la réalité dans les scrutins locaux. En effet, les échantillons étant limités, les marges d’incertitudes sont beaucoup plus importantes que celles de la présidentielle et expliquent alors le manque de fiabilité des sondages qui étudient les circonscriptions. D’autre part, même si certains habitants d’Hénin-Beaumont font preuve d’un « marinisme décomplexé », le vote Front National reste difficile à évaluer, surtout dans un bastion socialiste et communiste où les électeurs n’assument pas forcément leur choix. Au-delà de la question des sondages, qui se destinent normalement uniquement à faire la photographie de l’électorat à un moment précis, leur faillite à Hénin-Beaumont s’est révélée être un véritable sujet politique. En effet, en début de campagne, Mélenchon, à peine parachuté, était crédité de 25 % dans les sondages, ce qui n’avait pas manqué d’indigner  Marine Le Pen dénonçant son principal rival comme « le candidat des sondeurs et des journalistes ». Ainsi, cette faillite des sondages donne raison au Front National et participe donc à renforcer les critiques que porte depuis longtemps Marine Le Pen à l’encontre des sondages. De son côté, Herve Poly, suppléant de Mélenchon, explique la défaite du candidat du Front de Gauche par  la publication d’un sondage juste avant le premier tour plaçant Philippe Kémel comme le candidat le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour. Le candidat socialiste disposant alors d’une majorité plus confortable a donc pu bénéficier d’un vote utile au dernier moment. Les sondages ont donc joué un rôle déterminant dans la campagne du premier tour, mais il sera difficile pour eux d’apparaître comme crédible compte tenu de leurs multiples erreurs. Cependant, les instituts de sondages s’accordent à prévoir un second tour très serré. En effet, le Front National a recueilli 42 % des voix dès le premier tour tandis que le candidat du centre et de la droite a fait 8 %. Ainsi, si l’on se place dans la perspective d’un report de voix de la droite modérée vers Marine Le Pen, la candidate du Front National peut espérer frôler les 50 %. Il faut toutefois noter que le candidat du MoDem soutenu par l’UMP, Jean Urbaniak appelle à voter Philippe Kémel au second tour. Ainsi, la circonscription reste gagnable pour le candidat socialiste qui compte bien rassembler derrière lui les électeurs de Mélenchon et du reste de la gauche dans le cadre d’un Front Républicain. Mais, cette mobilisation derrière le Parti Socialiste reste fragile compte tenu de l’abstention massive qui s’est élevée à 42 %.

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La guerre des fronts n’aura pas lieu

Jean-Luc Mélenchon perd pour la seconde fois le duel qu’il avait engagé avec Marine Le Pen. La présidente du Front National, bien implantée localement est arrivée en tête du premier tour avec plus de 40 % des voix. Mais surtout, le candidat du Front de Gauche a été devancé par son concurrent socialiste, Philippe Kémel qui sera donc au second tour. Pourtant favori des sondages, Mélenchon n’a pas réussi son pari de se présenter face Le Pen dans un duel inédit dans l’histoire de la Ve République.

Jean-Luc Mélenchon, arrivé surprise à Hénin-Beaumont quelques jours seulement après la présidentielle n’avait que quatre semaines pour séduire. Cela ne l’a pas empêché de mener une campagne dynamique, en multipliant les réunions publiques, les meetings en plein air et surtout en menant une marche pour la fraternité et contre l’austérité qui avait alors rassemblé plusieurs milliers de personnes. Mélenchon a ainsi fait revivre la mémoire ouvrière en s’appropriant les symboles du bassin minier. Le leader du Front de Gauche avait également engrangé le soutien du MRC, véritable force de frappe de la circonscription, et de certains élus socialistes, convaincus que Mélenchon pouvait alors instaurer une « gauche sans complexe et sans casserole ». En effet, Mélenchon, conscient que élection se jouait au premier tour, pariait sur une mobilisation massive de l’électorat socialiste en apparaissant comme la relève à gauche dans un département où le PS est fragilisé dans des affaires de corruption et de clientélisme. Mais cela n’aura pas suffi à Mélenchon pour s’imposer devant le socialiste, Philippe Kémel, jusqu’alors considéré comme « le plus connu des candidats inconnus ». Mais la défaite est encore plus amère pour Mélenchon quand on sait qu’il n’y a que milles voix d’écarts entre les deux candidats.

Le candidat du PS avait pourtant mené une campagne sans grande originalité, incarnant à merveille la « normalité » engagée par Hollande lors de la présidentielle. En effet, cet ancien professeur d’économie logistique, au profil très technocratique paraissait bien effacé face au duel front contre front et tout le battage médiatique qui s’articulait autour des candidatures de Mélenchon et de Le Pen. Mais c’est cependant cette campagne un peu terne qui fut sa principale force. En s’appuyant sur sa légitimité de représentant de la majorité présidentielle dans une circonscription qui a voté à plus de 60 % pour Hollande au second tour de la présidentielle, Philippe Kémel a su offrir une perspective rassurante aux électeurs. Fort de son expérience de terrain en tant que Maire de Carvin, deuxième ville de la circonscription, et Vice-Président du Conseil régional a conférer une dimension locale et traditionnelle à sa campagne en se tenant à l’écart de la bataille entre les deux fronts à Hénin-Beaumont reclus dans sa Mairie de Carvin. Ainsi, Kémel s’est contenté d’une seule réunion publique à l’occasion de la visite de soutien de Martine Aubry, qui n’avait pas cédé face aux demandes de certains élus locaux qui plaident en faveur du désistement du candidat socialiste en faveur de Mélenchon dès le premier tour. Philippe Kémel avait également l’avantage de n’être en rien associé aux affaires de corruption et de clientélisme qui minent la fédération socialiste du Pas-de-Calais. Mais surtout, Phillipe Kémel doit incontestablement sa présence au second tour à son fief de Carvin, seule municipalité de la circonscription où il est arrivé en 2e position.

L’équipe de campagne de Mélenchon s’accorde à justifier la défaite de Mélenchon par la publication d’un sondage juste avant le premier tour plaçant Philippe Kémel comme le candidat le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour. Le candidat socialiste disposant alors d’une majorité plus confortable a donc pu bénéficier d’un vote utile de taille puisque lui permettant sa qualification au second tour au nez et à la barbe de Mélenchon qui n’apparaissait alors pas en mesure de battre le Front National. En effet, Mélenchon est tenu comme responsable de toute l’agitation médiatique déferlant sur Hénin-Beaumont qui finissait par agacer nombre d’habitants. Même si le Front National était lui aussi impliqué dans ce battage médiatique, Mélenchon, arrivé plus tardivement est considéré comme le principal coupable de ce climat de tension. Même si Mélenchon a centré sa campagne sur le terrain social en défendant l’augmentation du Smic à 1700 €, il est plus apparu comme revanchard de Marine Le Pen, menant une bataille personnelle et non électorale. Ainsi, le candidat du Front de Gauche n’est pas parvenu à se défaire de son image de « parachuté » surtout lorsqu’il avait face à lui, Marine Le Pen implantée depuis 2006 à Hénin-Beaumont et bénéficiant du solide soutien de militants de terrain qui ont collé et tracté sans relâche. Les fameux faux tracts appelant à voter pour le candidat du Front de Gauche en français et en arabe ont aussi participé à éliminer Mélenchon dès le premier tour. En effet, nombreux furent les habitants de la 11e circonscription à n’y avoir vu que du feu.

Mélenchon éliminé, le PS et son représentant, Philippe Kémel doivent désormais affronter seuls Marine Le Pen, déjà très agressive envers son nouvel opposant qu’elle considère comme un candidat « inodore, incolore, sans saveur, sans portée, et donc inutile ». Surtout, elle lui reproche de ne pas avoir dénoncé la gestion calamiteuse de l’ancien Maire d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, démis de ces fonctions pour corruption, détournement de fonds, faux en écriture et favoritisme. Après la bataille front contre front, la guerre Front national contre Front républicain risque d’être brutale à Hénin-Beaumont. Cependant, les militants socialistes restent confiants. Marie Le Pen fait certes 42 % dès le premier tour, mais il lui sera difficile de mobiliser pour le second tour, ne pouvant tabler que sur quelques maigres réserves de voix. Fort de son enracinement local, Philippe Kémel pourra quant à lui bénéficier d’un soutien massif des électeurs de Mélenchon et aussi de la droite modérée et républicaine qu’incarne le candidat du MoDem soutenu par l’UMP, Jean Urbaniak. Derrière cette surprise qu’est l’élimination de Mélenchon au premier tour, il faut tout de même rappeler que l’abstention a atteint 42 % dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Ainsi, le destin de la 11e circonscription est désormais entre les mains des abstentionnistes.

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La France vote, Hénin-Beaumont aussi…

C’est sans doute la circonscription la plus observée de France. Dans quelques heures retentira l’heure de vérité pour les candidats de la 11e circonscription du Pas-de-Calais au sortir d’une impitoyable campagne au paroxysme de la violence.

Jean Luc Mélenchon (Front de Gauche)

C’est la bataille la plus risquée de sa longue carrière politique. Toutefois, même si Marine Le Pen a recueilli 30 % des voix au premier tour dans la 11e circonscription, la circonscription reste très ancrée à gauche puisque ses habitants ont voté à plus de 60 % pour Hollande au second tour. Dans ce contexte, le candidat du Front de Gauche bénéficie d’un atout de poids. En effet, le Parti socialiste local est miné par des affaires de corruption et de financement occulte à répétition. Mélenchon fait donc tout pour séduire les électeurs socialistes de la circonscription pouvant compter sur le soutien en off de certains élus socialistes et du MRC, importante force de frappe dans la circonscription. Ainsi, Mélenchon a rapidement compris que son élection se jouait au premier tour. En effet, s’il est présent au second tour, il sera assuré d’une victoire face à Marine Le Pen rassemblant derrière lui les forces républicaines de la circonscription. En multipliant les réunions publiques, les meetings en plein air et en menant une marche pour la fraternité et contre l’austérité, Mélenchon a su donner une dynamique à sa campagne comme le prouvent les sondages qui le donnent gagnant dans tous les cas de figure. Ainsi, La venue de Mélenchon a remis en route la machine militante communiste du bassin minier qui sommeillait depuis la fermeture des mines et la fin des revendications ouvrières. Il fait campagne contre Marine Le Pen comme il la fait lors de la présidentielle. En effet, Mélenchon se nourrit de l’atmosphère pesante instauré par le Front National comme en témoigne la distribution de tracts anonymes pour s’inscrire de son combat contre le fascisme. Cependant Mélenchon doit aussi faire campagne avec son étiquette de « parachuté » et son arrivée tardive sur le terrain, faiblesse dont n’est pas affectée Marine Le Pen.

Marine Le Pen (Front National)

Installée depuis 2007 à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen joue d’abord son entrée à l’Assemblée nationale. Ainsi, son élection lui offrirait une plus forte visibilité nationale et validerait ainsi sa stratégie de dédiabolisation. En effet, en s’implantant sur une terre de gauche dévastée par un chômage massif et de fulgurantes destructions d’emplois, Marine Le Pen cherche incontestablement à apparaître comme la candidate des classes populaires. Elle a été la seule candidate du Front National qualifiée pour un second tour aux législatives de 2007. La liste menée par son bras droit, l’enfant du pays Steeve Briois aux municipales de 2009 avait atteint les 47 % après avoir dénoncé la gestion calamiteuse de la ville par l’ancien maire Gérard Dalongeville. En effet, Marine Le Pen peut s’appuyer sur sa garde rapprochée pour labourer le terrain en son absence. « La bande des 3 B » comme les appellent les médias locaux composée de Steeve Briois, son suppléant, de Bruno Bilde, son directeur de cabinet et de Laurent Brice, responsable de la fédération FN du Pas-de-Calais bénéficient d’une popularité sur le terrain à force de campagne sur les marchés et porte-à-porte. Cependant l’essentiel de ses forces se concentre à Hénin-Beaumont et peine à s’imposer dans les autres municipalités de la circonscription surtout quand celles-ci sont communistes. Créditée de 37 % pour le premier tour, Marine Le Pen espère bien transformer l’essai dans une circonscription où elle a atteint le score de 30 % au premier tour de la présidentielle.

Philippe Kémel (Parti Socialiste)

Mais pour espérer battre Le Pen, Mélenchon doit d’abord passer devant Philippe Kémel, maire de Carvin, deuxième ville la plus importante de la circonscription, investi par le Parti Socialiste. Même si la fédération socialiste du Pas-de-Calais est abîmée par les affaires de corruption, de détournement de fonds et de favoritisme, Philippe Kémel espère bien capitaliser sur le succès de François Hollande qui avait recueilli plus de 28 % des suffrages dans le bassin minier. Ainsi, Philippe Kémel, qui a l’avantage de n’avoir jamais été mêlé aux affaires du PS, mise tout sur son étiquette de candidat pour la majorité présidentielle. Surtout, le candidat socialiste espère bien jouer la carte de l’élu de terrain que lui offre son statut de maire de la circonscription et vice-président de la région, et s’efforce ainsi de donner une couleur locale à sa campagne centrée sur les préoccupations des habitants. Au-delà de la mauvaise image du PS local, Philipe Kémel doit aussi faire face à une division de la gauche. En effet, ses adversaires l’accusent de tricherie à la primaire interne où il n’a été désigné que d’une très courte majorité et n’ont pas manqué de faire pression dès l’arrivée de Mélenchon à Hénin-Beaumont pour son désistement dès le premier tour. Cependant, l’hypothèse d’un second tour opposant Marine Le Pen à Philippe Kémel n’est pas à exclure. En effet, l’écart se resserre entre Jean-Luc Mélenchon fort de ses 25 % et son rival socialiste crédité de 21,5 %. Surtout, dans le cas où Philippe Kémel serait opposé à la candidate d’extrême droite, le candidat socialiste s’imposerait avec 57 %, une marge beaucoup plus importante que celle de Mélenchon qui recueillerait alors 52 % des suffrages. En effet, en adoptant une posture sereine et en s’écartant du choc frontal qui sévit à Hénin-Beaumont, Philippe Kémel pourrait bien créer la surprise…

Jean Urbaniak (MoDem / UMP)

Face à la guerre des trois qui rassemblerait 83 % des voix, le candidat du MoDem, Jean Urbaniak est sérieusement en difficulté. La solution trouvée fut la formation d’un ticket MoDem / UMP inédit dans la circonscription afin de rassembler les forces de la droite et du centre, très peu implantées dans le paysage politique à Hénin-Beaumont. Fort de son expérience en tant qu’ancien député indépendant, qu’il fut entre 1993 et 1997, et de son ancrage local, le maire MoDem de Noyelles-Godault espère, grâce à cette alliance avec l’UMP local, pouvoir accéder au second tour. Cependant, Jean Urbaniak peine toujours à s’imposer dans la campagne marquée par le climat tendu entre les deux fronts. Grand absent sur les marchés et rendez-vous locaux de la circonscription, il mène une campagne sans grand relief en restant exclusivement dans son fief de Noyelles-Godault, seule ville du MoDem de la circonscription où toutes les municipalités sont socialistes ou communistes. Les sondages sont révélateurs de cette situation puisqu’il y est crédité de 13 %.

Marine Tondelier (Europe Ecologie Les Verts)

A l’ombre des poids lourds de la politique française et des barons locaux, une autre candidature fait son bout de chemin à Hénin-Beaumont. En effet, entre meeting, tractage sur les marchés et porte à porte, Marine Tondelier candidate d’EELV s’impose progressivement dans le paysage politique d’Hénin-Beaumont. Cette jeune Héninoise de 25 ans tout juste sortie de Science Po espère bien prouver que l’écologie est la meilleure solution pour répondre aux problèmes du bassin minier frappé de plein fouet par le chômage et la désindustrialisation. Lors du débat télévisé sur France 3 Nord-Pas-de-Calais, elle a fait entendre sa différence, en dénonçant le climat d’occupation instauré par la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription. Marine Tondelier a ainsi montré sa volonté de travailler sereinement et paisiblement dans l’intérêt des habitants d’Hénin-Beaumont. Bien qu’elle ne soit créditée que de 2,5 % dans les sondages, elle espère tout de même créer la surprise et prouver qu’à Hénin-Beaumont, une autre Marine est possible.

Retrouvez les résultats du premier tour des élections législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où s’affrontent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ce soir à 18 heures sur le blog Front contre Front.
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Rose Mafia, le retour

A la veille d’un scrutin qui s’annonce plus serré que jamais, Gérard Dalongeville s’invite dans la campagne électorale. L’ancien maire d’Hénin-Beaumont, démis de ses fonctions en 2009 pour corruption, détournement de fonds, faux en écriture et favoritisme vient de publier le second tome de son livre-révélation sur les pratiques douteuses de la fédération socialiste dans le Pas-de-Calais. Dans Rose Mafia, Gérard Dalongeville dénonçait le système de financement du PS du Pas-de-Calais prouvant qu’il n’était qu’un maillon de la chaine dans un réseau mafieux regroupant de nombreux élus du département. Il avait ainsi participé à révéler les pratiques du député de la circonscription voisine et homme fort du département, Jean-Pierre Kucheida, depuis exclu du PS et visé par une enquête pour abus de biens sociaux. Ainsi, la publication du second tome de Rose Mafia qui s’accompagne de nouvelles révélations risque de désavantager le Parti Socialiste pour le premier tour des législatives. Mais surtout, Gérard Dalongeville, jusqu’à présent sous contrôle judiciaire, compte bien peser dans cette campagne électorale déjà marquée par la tension qui règne entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. En effet, il a annoncé son soutien auprès du candidat socialiste dans la 11e circonscription, Philippe Kémel. Même si ce dernier a l’avantage de n’avoir jamais été impliqué dans les dérives affairistes de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, l’arrivée inattendue de Gérard Dalongeville dans la campagne pourrait laisser le champ libre à Mélenchon et à Le Pen. En effet, le candidat du Front de Gauche mise sur l’image abimée du PS local pour séduire les électeurs socialistes. Quant à Marine Le Pen, elle avait fait de la dénonciation de cette gauche notabilisée et clientéliste la clef de son implantation à Hénin-Beaumont et compte bien profiter de la publication du second tome de Rose Mafia pour viser une nouvelle fois le Parti Socialiste du Pas-de-Calais. Ainsi, cette consigne de vote de Gérard Dalongeville pourrait coûter cher à Philippe Kémel qui doit déjà faire face à un manque de notoriété et des divisions locales. En effet, ses adversaires l’accusent de tricherie à la primaire interne où il n’a été désigné que par 96 voix d’avance. C’est dans ce contexte délétère que les visites de soutiens de Martine Aubry, très populaire dans le département et du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault avaient pour objectif de faire oublier aux habitants les malversations présumées du PS dans le Pas-de-Calais et de placer la candidature de Philippe Kémel dans le cadre de la majorité présidentielle dans une circonscription qui avait voté à 60 % pour François Hollande lors de la présidentielle.

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