A première vue, l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais semble d’abord ennuyer le FN. Mais, au-delà du duel qui se profile entre le Front National et le Front de Gauche, le parachutage de Jean-Luc Mélenchon embarrasse surtout le PS comme en témoignent les propos incohérents de Martine Aubry et de Ségolène Royal de ce dimanche. En effet, alors que Martine Aubry, Première secrétaire du PS a estimé que la circonscription d’Hénin-Beaumont « n’a pas besoin d’un match médiatique », Ségolène Royal n’est pas du même avis, estimant plutôt que Mélenchon « a raison de faire ça ». Même si les propos des ténors socialistes reflètent une division du PS au niveau national, c’est d’abord au niveau local que la situation pose problème.
Dans les rues d’Hénin-Beaumont, des rumeurs circulent affirmant le désistement du candidat socialiste, Philippe Kémel, en faveur de Mélenchon dès le premier tour. Ce désistement serait compréhensible, puisqu’une candidature PS risquerait d’affaiblir Mélenchon et ne rendrait pas impossible la perspective d’une triangulaire qui se révélerait alors comme catastrophique pour la gauche. Ainsi, le maintien d’une candidature socialiste favoriserait incontestablement Marine Le Pen. Cependant, la Secrétaire de la fédération PS du Pas-de-Calais, Catherine Génisson, dément les possibilités d’un désistement affirmant qu’ « Il n’y a pas eu de pourparlers entre le Parti socialiste et le Front de gauche. Les forces de gauche, dont notre candidat, Philippe Kémel, vont pouvoir se confronter au cours d’un premier tour avant le rassemblement républicain derrière le meilleur d’entre nous ». De son côté, Mélenchon a indiqué qu’il « ne demandait rien à l’appareil socialiste ».

Par ailleurs, en janvier dernier, les militants socialistes de la circonscription avaient choisi Philippe Kémel, maire de Carvin, permettant à ce dernier d’être investi en tant que candidat du Parti Socialiste. Cependant, les autres candidats à l’investiture, Albert Facon, député sortant et Jean-Pierre Corbisez, maire de Oignies, avaient vite remis en cause sa légitimité dénonçant des irrégularités au cours du vote des militants. Les détracteurs de Kémel ont donc profité de l’annonce de la candidature de Mélenchon pour amplifier leur critique à l’égard du candidat socialiste. C’est le cas de Pierre Ferrari, candidat socialiste dissident aux dernières municipales avant d’être exclu du PS et qui appelle à une Union de la gauche dès le premier tour.
La circonscription devra également compter sur la candidature de l’écologiste Marine Tondelier qui a confirmé sa candidature, même avec la présence de Jean-Luc Mélenchon.