
20 heures. Au soir du second tour des législatives, les résultats de la ville d’Hénin-Beaumont tombent : Marine Le Pen devance son opposant socialiste avec plus de 55 % des suffrages. La France entière croit alors à une victoire du Front National dans le bassin minier, bastion historique du socialisme et berceau du mouvement ouvrier. C’était sans compter sur les résultats des treize autres communes de la circonscription. En effet, Philippe Kémel a finalement eu raison de Marine Le Pen dans l’ensemble de la 11e du Pas-de-Calais. Mais la défaite est encore plus amère pour la candidate frontiste puisque la victoire s’est jouée sur le fil pour le candidat socialiste qui ne devance sa rivale que de 118 voix dans une circonscription qui compte près de 95 000 inscrits. Même si Marine Le Pen affiche une confiance de façade en affirmant qu’à chaque élection, le Front National fait au 1er tour, le score du 2nd tour de l’élection précédente, elle n’en cache pas moins son indignation. Ainsi, dès l’annonce de sa défaite Marine Le Pen demande à la Préfecture un recomptage des bulletins compte tenu du très faible écart de 118 voix entre les deux candidats qu’elle considère comme de la tricherie. La Préfecture ayant refusé la requête de Marine Le Pen, le Front National annonce qu’il va rapidement déposer un recours sur la table du Conseil Constitutionnel pour faire invalider l’élection. C’est désormais chose faite ! Afin de faire invalider l’élection du nouvel élu, le Front National estime avoir déniché plusieurs irrégularités dans des bureaux de vote de Carvin et Libercourt. Ce sont ces deux communes qui ont incontestablement permis l’élection de Philippe Kémel puisqu’il y a atteint 53 et 57 % et ont permis d’inverser la balance. Ainsi, selon l’équipe de campagne de Marine Le Pen, les irrégularités portent sur des dizaines de signatures litigieuses entre le premier et second tour dans les deux villes concernées. Le Front National prend pour exemple des personnes qui auraient signé au premier tour et dont on trouve des croix au second tour à la place de leurs signatures. Ainsi, le Conseil Constitutionnel se donne jusqu’à la fin de l’année pour A l’issue du second tour, Steeve Briois, suppléant de Marine Le Pen avait également dénoncé des distributions illégales de tracts de la part de militants communistes sur le marché de Méricourt alors que la campagne était terminée. Cet élément ne figure cependant pas dans le recours du Front National adressé au Conseil Constitutionnel. Dans le même temps, Philippe Kémel, qui siégeait pour la première fois hier au Palais Bourbon, a affirmé que Marine Le Pen « avait tous les droits » d’engager cette procédure. Après la violence du scrutin, ce recours est le premier round de la bataille judiciaire dans laquelle s’engouffre Hénin-Beaumont…

