Incident dans un bureau de vote de la 11e circonscription

A quelques heures de l’annonce des résultats du premier tour, la tension monte dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, théâtre de l’affrontement entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Un incident a été déclaré ce matin dans un bureau de vote de Méricourt provoquant l’intervention des forces de l’ordre. En effet, un assesseur du Front National a été empêché d’entrer dans un bureau de vote. Le président de ce bureau de vote de Méricourt, municipalité communiste, estimait que la personne mandatée par le Front National n’avait pas l’autorisation nécessaire pour pouvoir contrôler la régularité du scrutin. Les forces de l’ordre sont donc rapidement intervenues sur place laissant l’assesseur entrer sur les lieux et exercer sa mission. Marine Le Pen a immédiatement réagi à cet incident dénonçant alors des pratiques antidémocratiques. Dans le même temps, le Front National a décidé d’augmenter le nombre total d’assesseurs dans tous les bureaux de vote de la circonscription. Le Front de Gauche a dénoncé quant à lui le "comportement agressif et menaçant" de Steeve Briois, suppléant de Marine Le Pen, qui s’était rendu sur les lieux au moment de l’incident. En effet, selon l’équipe de Mélenchon, Steeve Briois aurait tenté d’imposer que son assesseur soit en charge du cahier d’émargement alors que le code électoral donne au président du bureau de vote la responsabilité de répartir les tâches. Mélenchon a également considéré que cet évènement était une provocation de la part du Front National visant à rendre tout suspect. Afin de garantir le bon déroulement du processus du vote, la Préfecture du Pas-de-Calais a mandaté une magistrate sur place. Cet incident accompagné des communiqués successif est révélateur du climat de tension qui s’est considérablement durci ces derniers jours, notamment avec la circulation de tracts représentant Mélenchon en Hitler. Cependant, cet évènement n’a apparemment pas perturbé le vote des électeurs dans ce bureau de vote ni dans le reste de la circonscription où le taux de participation avoisinerait les 16 % à midi.

Marine Le Pen a voté peu avant 11h30 dans son bureau de vote du centre d’Hénin-Beaumont accompagné de Steeve Briois, son suppléant et secrétaire général du FN, avant d’effectuer une tournée des bureaux de vote de l’ensemble de la circonscription. Mélenchon n’étant pas inscrit sur les listes électorales de la 11e circonscription n’a pas pu voter à Hénin-Beaumont, ce qui ne l’a pas empêcher de se rendre dans le principal bureau de vote de la ville, un livre de Jean Jaurès sous le bras avant de circuler lui aussi dans les bureaux de vote du bassin minier. Ce soir, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen réuniront leurs militant respectifs à quelques pas l’un de l’autre dans Hénin-Beaumont, de quoi aviver la tension entre les deux fronts.

Retrouvez les résultats du premier tour des élections législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où s’affrontent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ce soir à 18 heures sur le blog Front contre Front.

Tagué , , , , , , , , , ,

La France vote, Hénin-Beaumont aussi…

C’est sans doute la circonscription la plus observée de France. Dans quelques heures retentira l’heure de vérité pour les candidats de la 11e circonscription du Pas-de-Calais au sortir d’une impitoyable campagne au paroxysme de la violence.

Jean Luc Mélenchon (Front de Gauche)

C’est la bataille la plus risquée de sa longue carrière politique. Toutefois, même si Marine Le Pen a recueilli 30 % des voix au premier tour dans la 11e circonscription, la circonscription reste très ancrée à gauche puisque ses habitants ont voté à plus de 60 % pour Hollande au second tour. Dans ce contexte, le candidat du Front de Gauche bénéficie d’un atout de poids. En effet, le Parti socialiste local est miné par des affaires de corruption et de financement occulte à répétition. Mélenchon fait donc tout pour séduire les électeurs socialistes de la circonscription pouvant compter sur le soutien en off de certains élus socialistes et du MRC, importante force de frappe dans la circonscription. Ainsi, Mélenchon a rapidement compris que son élection se jouait au premier tour. En effet, s’il est présent au second tour, il sera assuré d’une victoire face à Marine Le Pen rassemblant derrière lui les forces républicaines de la circonscription. En multipliant les réunions publiques, les meetings en plein air et en menant une marche pour la fraternité et contre l’austérité, Mélenchon a su donner une dynamique à sa campagne comme le prouvent les sondages qui le donnent gagnant dans tous les cas de figure. Ainsi, La venue de Mélenchon a remis en route la machine militante communiste du bassin minier qui sommeillait depuis la fermeture des mines et la fin des revendications ouvrières. Il fait campagne contre Marine Le Pen comme il la fait lors de la présidentielle. En effet, Mélenchon se nourrit de l’atmosphère pesante instauré par le Front National comme en témoigne la distribution de tracts anonymes pour s’inscrire de son combat contre le fascisme. Cependant Mélenchon doit aussi faire campagne avec son étiquette de « parachuté » et son arrivée tardive sur le terrain, faiblesse dont n’est pas affectée Marine Le Pen.

Marine Le Pen (Front National)

Installée depuis 2007 à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen joue d’abord son entrée à l’Assemblée nationale. Ainsi, son élection lui offrirait une plus forte visibilité nationale et validerait ainsi sa stratégie de dédiabolisation. En effet, en s’implantant sur une terre de gauche dévastée par un chômage massif et de fulgurantes destructions d’emplois, Marine Le Pen cherche incontestablement à apparaître comme la candidate des classes populaires. Elle a été la seule candidate du Front National qualifiée pour un second tour aux législatives de 2007. La liste menée par son bras droit, l’enfant du pays Steeve Briois aux municipales de 2009 avait atteint les 47 % après avoir dénoncé la gestion calamiteuse de la ville par l’ancien maire Gérard Dalongeville. En effet, Marine Le Pen peut s’appuyer sur sa garde rapprochée pour labourer le terrain en son absence. « La bande des 3 B » comme les appellent les médias locaux composée de Steeve Briois, son suppléant, de Bruno Bilde, son directeur de cabinet et de Laurent Brice, responsable de la fédération FN du Pas-de-Calais bénéficient d’une popularité sur le terrain à force de campagne sur les marchés et porte-à-porte. Cependant l’essentiel de ses forces se concentre à Hénin-Beaumont et peine à s’imposer dans les autres municipalités de la circonscription surtout quand celles-ci sont communistes. Créditée de 37 % pour le premier tour, Marine Le Pen espère bien transformer l’essai dans une circonscription où elle a atteint le score de 30 % au premier tour de la présidentielle.

Philippe Kémel (Parti Socialiste)

Mais pour espérer battre Le Pen, Mélenchon doit d’abord passer devant Philippe Kémel, maire de Carvin, deuxième ville la plus importante de la circonscription, investi par le Parti Socialiste. Même si la fédération socialiste du Pas-de-Calais est abîmée par les affaires de corruption, de détournement de fonds et de favoritisme, Philippe Kémel espère bien capitaliser sur le succès de François Hollande qui avait recueilli plus de 28 % des suffrages dans le bassin minier. Ainsi, Philippe Kémel, qui a l’avantage de n’avoir jamais été mêlé aux affaires du PS, mise tout sur son étiquette de candidat pour la majorité présidentielle. Surtout, le candidat socialiste espère bien jouer la carte de l’élu de terrain que lui offre son statut de maire de la circonscription et vice-président de la région, et s’efforce ainsi de donner une couleur locale à sa campagne centrée sur les préoccupations des habitants. Au-delà de la mauvaise image du PS local, Philipe Kémel doit aussi faire face à une division de la gauche. En effet, ses adversaires l’accusent de tricherie à la primaire interne où il n’a été désigné que d’une très courte majorité et n’ont pas manqué de faire pression dès l’arrivée de Mélenchon à Hénin-Beaumont pour son désistement dès le premier tour. Cependant, l’hypothèse d’un second tour opposant Marine Le Pen à Philippe Kémel n’est pas à exclure. En effet, l’écart se resserre entre Jean-Luc Mélenchon fort de ses 25 % et son rival socialiste crédité de 21,5 %. Surtout, dans le cas où Philippe Kémel serait opposé à la candidate d’extrême droite, le candidat socialiste s’imposerait avec 57 %, une marge beaucoup plus importante que celle de Mélenchon qui recueillerait alors 52 % des suffrages. En effet, en adoptant une posture sereine et en s’écartant du choc frontal qui sévit à Hénin-Beaumont, Philippe Kémel pourrait bien créer la surprise…

Jean Urbaniak (MoDem / UMP)

Face à la guerre des trois qui rassemblerait 83 % des voix, le candidat du MoDem, Jean Urbaniak est sérieusement en difficulté. La solution trouvée fut la formation d’un ticket MoDem / UMP inédit dans la circonscription afin de rassembler les forces de la droite et du centre, très peu implantées dans le paysage politique à Hénin-Beaumont. Fort de son expérience en tant qu’ancien député indépendant, qu’il fut entre 1993 et 1997, et de son ancrage local, le maire MoDem de Noyelles-Godault espère, grâce à cette alliance avec l’UMP local, pouvoir accéder au second tour. Cependant, Jean Urbaniak peine toujours à s’imposer dans la campagne marquée par le climat tendu entre les deux fronts. Grand absent sur les marchés et rendez-vous locaux de la circonscription, il mène une campagne sans grand relief en restant exclusivement dans son fief de Noyelles-Godault, seule ville du MoDem de la circonscription où toutes les municipalités sont socialistes ou communistes. Les sondages sont révélateurs de cette situation puisqu’il y est crédité de 13 %.

Marine Tondelier (Europe Ecologie Les Verts)

A l’ombre des poids lourds de la politique française et des barons locaux, une autre candidature fait son bout de chemin à Hénin-Beaumont. En effet, entre meeting, tractage sur les marchés et porte à porte, Marine Tondelier candidate d’EELV s’impose progressivement dans le paysage politique d’Hénin-Beaumont. Cette jeune Héninoise de 25 ans tout juste sortie de Science Po espère bien prouver que l’écologie est la meilleure solution pour répondre aux problèmes du bassin minier frappé de plein fouet par le chômage et la désindustrialisation. Lors du débat télévisé sur France 3 Nord-Pas-de-Calais, elle a fait entendre sa différence, en dénonçant le climat d’occupation instauré par la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription. Marine Tondelier a ainsi montré sa volonté de travailler sereinement et paisiblement dans l’intérêt des habitants d’Hénin-Beaumont. Bien qu’elle ne soit créditée que de 2,5 % dans les sondages, elle espère tout de même créer la surprise et prouver qu’à Hénin-Beaumont, une autre Marine est possible.

Retrouvez les résultats du premier tour des élections législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où s’affrontent Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ce soir à 18 heures sur le blog Front contre Front.
Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Rose Mafia, le retour

A la veille d’un scrutin qui s’annonce plus serré que jamais, Gérard Dalongeville s’invite dans la campagne électorale. L’ancien maire d’Hénin-Beaumont, démis de ses fonctions en 2009 pour corruption, détournement de fonds, faux en écriture et favoritisme vient de publier le second tome de son livre-révélation sur les pratiques douteuses de la fédération socialiste dans le Pas-de-Calais. Dans Rose Mafia, Gérard Dalongeville dénonçait le système de financement du PS du Pas-de-Calais prouvant qu’il n’était qu’un maillon de la chaine dans un réseau mafieux regroupant de nombreux élus du département. Il avait ainsi participé à révéler les pratiques du député de la circonscription voisine et homme fort du département, Jean-Pierre Kucheida, depuis exclu du PS et visé par une enquête pour abus de biens sociaux. Ainsi, la publication du second tome de Rose Mafia qui s’accompagne de nouvelles révélations risque de désavantager le Parti Socialiste pour le premier tour des législatives. Mais surtout, Gérard Dalongeville, jusqu’à présent sous contrôle judiciaire, compte bien peser dans cette campagne électorale déjà marquée par la tension qui règne entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. En effet, il a annoncé son soutien auprès du candidat socialiste dans la 11e circonscription, Philippe Kémel. Même si ce dernier a l’avantage de n’avoir jamais été impliqué dans les dérives affairistes de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, l’arrivée inattendue de Gérard Dalongeville dans la campagne pourrait laisser le champ libre à Mélenchon et à Le Pen. En effet, le candidat du Front de Gauche mise sur l’image abimée du PS local pour séduire les électeurs socialistes. Quant à Marine Le Pen, elle avait fait de la dénonciation de cette gauche notabilisée et clientéliste la clef de son implantation à Hénin-Beaumont et compte bien profiter de la publication du second tome de Rose Mafia pour viser une nouvelle fois le Parti Socialiste du Pas-de-Calais. Ainsi, cette consigne de vote de Gérard Dalongeville pourrait coûter cher à Philippe Kémel qui doit déjà faire face à un manque de notoriété et des divisions locales. En effet, ses adversaires l’accusent de tricherie à la primaire interne où il n’a été désigné que par 96 voix d’avance. C’est dans ce contexte délétère que les visites de soutiens de Martine Aubry, très populaire dans le département et du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault avaient pour objectif de faire oublier aux habitants les malversations présumées du PS dans le Pas-de-Calais et de placer la candidature de Philippe Kémel dans le cadre de la majorité présidentielle dans une circonscription qui avait voté à 60 % pour François Hollande lors de la présidentielle.

Tagué , , , , , , , , , , , , , , ,

Mélenchon : Staline ou Hitler ?

Les habitants d’Hénin-Beaumont se souviendront longtemps de cette campagne des législatives. En effet, depuis l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, ce ne sont pas moins de cinq tracts anonymes qui ont été distribués dans les boites aux lettres du bassin minier. Mélenchon, plus habitué à être comparé à Staline par ses ennemis de la droite radicale s’est donc vu représenté sous les traits d’Adolf Hitler dans le dernier tract en date, avec en arrière-plan le slogan figurant à l’entrée du camp d’Auschwitz : "Arbeit macht frei". Le tout est accompagné d’une phrase prononcée par le leader du Front de Gauche lors d’une interview : « Notre objectif reste de battre le FN, de l’éradiquer politiquement, on y passera le temps qu’il faudra jusqu’à ce qu’on ait le dernier mot ».

Même si le procédé rappelle étrangement les faux tracts appelant à voter pour le candidat du Front de Gauche en français et en arabe, rien ne permet d’affirmer que le Front National est à l’origine de ces nouveaux tracts. En effet, il n’aurait pas été cohérent pour le Front National de dénoncer d’abord Mélenchon comme étant le candidat du communautarisme pour ensuite le représenter en candidat nazi. De plus, on peut s’interroger sur l’objectif qu’aurait le Front National à reprendre les mêmes codes dans un nouveau tract si c’est pour rester anonyme.  Le parti de Marine Le Pen, lancé dans une stratégie de dédiabolisation a tout de suite réagi face à la polémique déclenchée par ce tract. Ainsi, la présidente du FN a nié toute responsabilité dans la distribution de ce tract parlant alors de « pastiche ». En effet, il semblerait que le tract en question n’ait pas encore été distribué dans les boites aux lettres de la circonscription mais qu’il fut uniquement diffusé sur les réseaux sociaux. Là aussi, on peut se demander l’intérêt qu’aurait le Front National à diffuser d’abord le tract sur les réseaux sociaux avant de le distribuer dans les boîtes aux lettres. Ainsi, ce tract peut provenir de n’importe qui, même n’étant en rien concerné dans le combat d’Hénin-Beaumont. C’est donc tout naturellement que le Front de Gauche serait à l’origine de ce tract. En effet, Marine Le Pen a annoncé la diffusion d’autres documents de campagne très virulents après le faux-tract en arabe. Jean-Luc Mélenchon aurait tout à gagner en adoptant une stratégie de victimisation face aux campagnes incessantes de tractage menées par le Front National depuis son arrivée à Hénin-Beaumont. Le Front de Gauche a tout de même annoncé son intention de porter plainte. Aucune hypothèse n’est donc à exclure dans cette nouvelle affaire de tract qui s’annonce plus tendue que jamais. A Hénin-Beaumont, le duel front contre front se résume ainsi plus souvent à une guerre des tracts qu’à un véritable débat de fond sur les préoccupations des habitants qui sont nombreux à souffrir du chômage et de la désindustrialisation.

Tagué , , , , , , , , , , , , , ,

A Hénin-Beaumont, la guerre des fronts s’affiche

Un spectre hante Hénin-Beaumont : le spectre du frontisme. En effet, le bassin minier est rapidement devenu le ring de boxe emblématique du duel entre les deux meilleurs ennemis de la présidentielle. Le premier choc frontal a eu lieu avec la polémique déclenchée autour du faux tract de Mélenchon distribué par des militants du Front National (Voir le tract) auquel le Front de Gauche n’a pas manqué de répliquer avec un contre-tract (Voir le tract). Au-delà de cette bataille des tracts qui commence à s’essouffler, un autre affrontement intervient dans les rues d’Hénin-Beaumont et contribue elle aussi à instaurer un climat de tension permanente dans la ville. En effet, depuis le début de la campagne, les affiches du Front de Gauche comme celles du Front National ont littéralement envahi Hénin-Beaumont sur le moindre espace s’y prêtant. Ainsi, les équipes de militants passent des journées entières à sillonner la circonscription afin d’être le plus visible des électeurs du bassin minier. Mais, au-delà de ces campagnes d’affichages qui sont tout-à-fait normales en période d’élection, une bataille front contre front d’une intensité exceptionnelle se produit. En effet, les militants frontistes s’évertuent à recouvrir les affiches de leurs adversaires. Ainsi, sur les affiches de Marine Le Pen se superposent des affiches de Jean-Luc Mélenchon, qui sont aussitôt tapissées de nouvelles affiches de la candidate d’extrême droite et ainsi de suite. Les militants des deux fronts mènent donc une véritable guérilla dans les rues d’Hénin-Beaumont, pots de colle à la main. Pour mener à bien cette bataille, les différents fronts ont désigné un responsable de chaque emplacement afin de recouvrir le plus rapidement les nouvelles affiches des adversaires. Cette rivalité est d’une telle intensité qu’un même mur peut-être recouvert une dizaine de fois par jour. Marine Le Pen et Mélenchon qui monopolisent déjà l’intérêt médiatique, s’accaparent ainsi également l’espace visuel d’Hénin-Beaumont.

Cette guerre d’affiche est révélatrice de la situation actuelle à Hénin-Beaumont, celle d’un duel front contre front éclipsant les douze autres candidats dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. En effet, il est impossible de trouver des affiches des candidats socialistes, écologistes et du centre et de la droite à Hénin-Beaumont en dehors des panneaux officiels. Les « petits candidats » font entendre leur mécontentement face à cette bataille des affiches, surtout quand les deux fronts recouvrent sans remords leurs affiches sur les panneaux officiels. Ainsi, le débat organisé sur France 3 Nord-Pas-de-Calais fut pour eux l’occasion de dénoncer cette situation. En dénonçant un climat d’« occupation », Marine Tondelier, candidate écologiste n’a pas manqué de faire régir Marine Le Pen affirmant alors que le Front National respecte les panneaux d’affichages et n’intervient aucunement dans une campagne d’affichages sauvages. Néanmoins, tous les habitants d’Hénin-Beaumont peuvent constater le contraire.

Retrouvez les photos de la guerre des affiches dans la Galerie Photos.
Tagué , , , , , , , , , , ,

Hénin-Beaumont, the place to be

Dans les médias, la campagne des élections législatives se résume souvent à l’évocation du duel front contre front à Hénin-Beaumont.  En devenant véritablement le centre de gravité du pays, c’est tout logiquement que le bassin minier ait rapidement attiré les journalistes. Désormais, les habitants de la 11e circonscription du Pas-de-Calais sont habitués à répondre aux questions de journalistes français mais aussi croates ou autrichiens, dépêchés par leur rédaction pour suivre ce duel historique. Le marché d’Hénin-Beaumont est emblématique de ce phénomène, inédit dans cette commune qui compte seulement 26 000 habitants. Déjà très fréquenté, il est, depuis le lancement de la campagne, le lieu où il faut être pour s’assurer de mener une campagne de qualité. Ainsi, on peut très bien y croiser les deux poids lourds de la politique locale que sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon tout comme les candidats socialiste, centriste ou écologiste. Au-delà du marché d’Hénin-Beaumont, la présence de journalistes français et étrangers comme de forts enjeux nationaux y ont amené d’autres évènements responsables de nouvelles agitations dans la circonscription.

Le premier évènement a eu lieu le vendredi 1er Juin sur le marché d’Hénin-Beaumont. En effet, les passants ont pu y apercevoir une dizaine de skinheads d’extrême droite distribuant des tracts. Même si les tracts distribués dénonçaient les pratiques mafieuses de la fédération socialiste du Pas-de-Calais ainsi que le nouveau gouvernement de gauche, il est difficile de croire que ces skinheads soient affiliés au Front National local. En effet, les tracts n’appelaient aucunement à voter Marine Le mais mentionnaient surtout le Front populaire solidariste, autre mouvance de la droite radicale. Cependant,  même s’il est indéniable que les tracts ne proviennent pas du FN, on peut s’interroger sur l’utilité qu’a le Front populaire solidaire à distribuer ce genre de tract dans une circonscription où ce mouvement ne présente aucun candidat si ce n’est pour soutenir Marine Le Pen. La présence de Serge Ayoub, alias « Batskin » représentant du mouvement skinhead des années 1980, comme celle de militants de la droite radicale entre en contradiction avec la politique de dédiabolisation du FN, ce qui ne manque pas d’embarrasser Marine Le Pen à moins d’une semaine du premier tour. Les adversaires de Marine Le Pen ont donc sauté sur l’occasion et profité du débat sur France3 Nord-Pas-de-Calais pour reprocher la présence de ces skinheads sur le marché d’Hénin-Beaumont à Marine Le Pen qui s’est bien défendue du fait qu’elle n’avait rien à voir avec ces derniers. Marine Tondelier, candidate écologiste, répliquant alors que la présence de ces militants d’extrême droite était une conséquence de la politique de Marine Le Pen qui a fait d’Hénin-Beaumont « l’appartement témoin » de l’extrême droite.

Le lendemain, dans le cadre de la première marche européenne des sans-papiers, quelques 120 membres de l’organisation ont défilé dans les rues d’Hénin-Beaumont pour plaider en faveur de la régularisation de tous les sans-papiers. Même s’ils s’étaient résolus à ne pas parler de politique en dehors de leurs revendications, il est difficile de croire que leur halte à Hénin-Beaumont soit le fruit du hasard. En effet, Hénin-Beaumont est rapidement devenue une ville symbole compte tenu  du contexte politique particulier mais surtout de l’implantation de Marine Le Pen qui a fait de la question de l’immigration le centre de sa campagne aux législatives. Ainsi, cet évènement apparaît plus être une contre-manifestation de l’enracinement local du Front National qu’une réelle revendication de la part des sans-papiers.

Tagué , , , , , , , , , , , , ,

Un tract et ça repart !

Samedi 2 juin, Mélenchon et Le Pen s’étaient affrontés dans un débat sur France 3 Nord-Pas-de-Calais. Ils n’avaient alors pas manqué de revenir sur le scandale déclenché par la distribution par des militants FN de faux tracts de Mélenchon reprenant une citation d’un de ses discours « Il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et berbères du Maghreb » suivi d’une phrase appelant à voter pour le candidat du Front de Gauche en français et en arabe (Voir le tract).  L’évocation de cette polémique avait provoqué la première véritable passe d’arme du débat surtout lorsque Marine Le Pen avait annoncé son intention de distribuer un autre tract du même type qu’elle arbora furtivement à l’antenne. C’est désormais chose faite. En effet, les boîtes aux lettres de la circonscription d’Hénin-Beaumont commencent à recevoir ces nouveaux tracts du FN.

Cette fois, il n’y a pas d’ambiguïté. Même si l’on n’y trouve ni la mention FN ni le nom de l’imprimerie, ce tract provient incontestablement du Front National. Le fait que ce vrai tract de Le Pen reprenne exactement les mêmes codes que le faux tract de Mélenchon montre la volonté de Marine Le Pen d’en remettre une couche mais surtout de s’imposer et de mener cette bataille des tracts qu’elle conduit déjà depuis la distribution du faux tract de Mélenchon la semaine dernière. En effet, nombre d’habitants d’Hénin-Beaumont n’avaient pas repéré le subterfuge de ce faux tract et pensaient justement qu’il provenait du Front de Gauche. Ainsi, ce succès couplé à une massive distribution justifie l’intérêt pour le Front National de transformer l’essai avec ce nouveau tract. De plus, la phrase qui y figure « Les nôtres avant les autres ! » fait sans aucun doute référence à un autre slogan très prisé de l’extrême droite française « La France aux Français ! ». En effet, avec ce tract, Marine Le Pen fait de la thématique de l’immigration le centre de sa campagne pour les législatives et se place ainsi dans le droit fil de celle de la présidentielle qui l’avait vu recueillir plus de 30 % des suffrages dans cette 11e circonscription du Pas-de-Calais. Mais surtout, la phrase en arabe du faux tract de Mélenchon a été remplacée par une phrase en ch’ti « Ichi, in vot’ Marine ! ». Marine Le Pen, installée depuis 2007 dans le bassin minier veut ainsi renforcer son implantation locale et peut-être aussi surfer sur la mode ch’ti qui renaît notamment depuis le film « Bienvenue chez les Ch’tis » de Dany Boon. C’est aussi l’occasion de dénoncer implicitement le parachutage de Jean-Luc Mélenchon sur ce qu’elle considère comme son "fief". En tout cas, jamais Hénin-Beaumont n’aura connu pareil climat de tension. Et la situation n’est pas prête de s’améliorer à moins d’une semaine de la fin de la campagne.

Tagué , , , , , , , , , , , ,

A Hénin-Beaumont, une Marine peut en cacher une autre

Face au duel front contre front qui se durcit à l’approche des échéances, une autre candidature fait son bout de chemin à Hénin-Beaumont. En effet, entre meeting, tractage sur les marchés et porte à porte, Marine Tondelier candidate d’EELV s’impose progressivement dans le paysage politique d’Hénin-Beaumont. Cette jeune Héninoise de 25 ans tout juste sortie de Science Po espère bien prouver que l’écologie est la meilleure solution pour répondre aux problèmes du bassin minier frappé de plein fouet par le chômage et la désindustrialisation. Pour cela, Marine Tondelier peut compter sur le succès de Jean-François Caron, maire EELV de Loos-en-Gohelle dans la circonscription voisine, qui a fait de sa commune un véritable laboratoire des idées écologistes. Ainsi, le débat organisé samedi 2 juin entre les cinq principaux candidats fut pour la candidate écologiste d’Hénin-Beaumont l’occasion de gagner en notoriété. En dénonçant le climat pesant instauré par la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription, Marine Tondelier a montré sa volonté de travailler sereinement et paisiblement dans l’intérêt des habitants d’Hénin-Beaumont. Malgré son temps de parole réduit et face au match dans le match, elle a su crever l’écran avec des interventions remarquées notamment sur les questions de santé et les problématiques sociales, ses domaines privilégiés. Surtout, elle a résisté aux attaques de Marine Le Pen, ne manquant de la tacler à son tour sur ses absences au Parlement Européen. Ainsi, Marine Tondelier désire montrer que Mélenchon n’est pas le seul à gauche qui combat le Front National.

Sa « positive attitude » menace même directement le Parti Socialiste affaibli par des déboires judiciaires. De même, Jean-Luc Mélenchon l’a félicité en coulisses sur sa pertinence. Marine Tondelier serait-elle en train de devenir la révélation de cette campagne ? Certains la comparent déjà à une nouvelle Najat Vallau-Belkacem, lui voyant même un destin national. En effet, en affrontant deux poids lourds de la politique française, elle gagne incontestablement une certaine réputation, de quoi lui assurer un bel avenir. Bien qu’elle ne soit créditée que de 2 % dans les sondages, elle espère tout de même créer la surprise et prouver qu’à Hénin-Beaumont, une autre Marine est possible.

Tagué , , , , , , , , , ,

Chronique d’un tract pas très ordinaire

La campagne électorale se tend à Hénin-Beaumont. La cause de cette soudaine montée de tension : la distribution par trois militants lepénistes de faux tracts pro-Mélenchon qui appelle à voter pour lui en français et également en arabe (Voir le tract). C’est en effet une méthode habituelle des partis extrémistes dont l’objectif est incontestablement de construire et d’alimenter un mensonge amalgamant immigration, Islam, communautarisme avec le vote Mélenchon. Le tract fut d’abord distribué anonymement puisqu’il ne mentionnait ni association ou parti. Mais, face à l’ampleur du scandale, le FN n’a pas pu faire autrement que de reconnaître qu’il en était à l’origine. Ainsi, Le Front s’est félicité de la diffusion massive de ces faux tracts parlant d’un «document vérité». Marine Le Pen a même assuré que les frais liés à ce tract seraient intégrés à son compte de campagne afin d’éviter toute ambiguïté. De son côté, Mélenchon considère que la distribution de ce tract «va coûter très cher à Mme Le Pen». En effet, Hervé Poly, suppléant de Jean-Luc Mélenchon a porté plainte au commissariat d’Hénin-Beaumont pour «engagement illicite de frais de campagne» et «distribution de tracts anonymes». Avec cette action en justice, Mélenchon espère bien rendre Marine Le Pen inéligible, ce qui annulerait alors le scrutin en cas de victoire de la candidate frontiste. Le FN a immédiatement riposté à ces attaques en portant plainte à son tour contre le Front de Gauche. En effet, mardi, des militants du Front de Gauche de la 11e circonscription du Pas-de-Calais ont stoppé à Montigny-en-Gohelle trois hommes proches du Front National en train de distribuer le fameux faux tract et les ont séquestrés à l’intérieur de leur camion avant d’y crever les pneus. Même s’il est difficile d’imaginer que la justice se prononcera avant les 10 et 17 juin prochain, ce tract pourrait avoir des conséquences importantes dans le paysage politique d’Hénin-Beaumont. Ainsi, avec la distribution de ces tracts, Marine Le Pen revient incontestablement aux fondamentaux en faisant de l’immigration une priorité dans sa campagne législative. La candidate frontiste se place donc dans le droit fil de la présidentielle qui l’avait vu recueillir plus de 30 % dans cette 11e circonscription. La distribution de ce tract intervient également le prolongement des propos de Marine Le Pen depuis l’annonce de la candidature de Mélenchon à Hénin-Beaumont, commune qu’elle considère comme étant son «fief». En effet, elle avait déclaré que «chaque fois que quelqu’un vous dit "Je vais voter Mélenchon", c’est un Français d’origine algérienne ». Ainsi, comme l’a déclaré Bruno Bilde, directeur de campagne de Marine le Pen, l’objectif de la distribution de ce tract était de «mettre Mélenchon devant ses responsabilités, le FN martelant que Jean-Luc Mélenchon est le candidat du droit de vote des étrangers, de régularisation des sans-papiers et de l’accueil des Roms. Le dernier rebondissement en date provient de Marine Le Pen qui a promis la distribution de nouveaux tracts dénonçant les propositions de Jean-Luc Mélenchon sur l’immigration. Une chose est sûre, cet incident est révélateur du climat pesant qui règne actuellement à Hénin-Beaumont et du durcissement de la campagne à l’approche du 1er tour.

Tagué , , , , , , , , , , , , , ,

Le tract qui fait scandale

On s’attendait à un affrontement tendu à Hénin-Beaumont. C’est désormais chose faite. Même si les deux candidats évitent pour l’instant le choc frontal, la bataille vient tout de même des troupes des deux Fronts. En effet, les boites aux lettres de Hénin-Beaumont et des autres communes de la circonscription se sont vues recevoir un tract ressemblant à s’y méprendre à celui du candidat du Front de Gauche. Sur ce document de campagne, figure une citation de Jean-Luc Mélenchon  affirmant qu’ : « Il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et Berbères du Maghreb »   L’objectif est clair : faire de Jean-Luc Mélenchon le candidat du communautarisme. Mélenchon est incontestablement à l’origine de ces propos mais le fait qu’ils soient accompagnés d’une phrase en arabe risque de décrédibiliser Jean-Luc Mélenchon en lutte dans une circonscription qui a voté à plus de 30 % pour Marine Le Pen à la présidentielle.

Difficile d’imaginer que ce tract provient du Front de Gauche. Ainsi, il viendrait tout logiquement du FN, surtout quand on sait que Marine Le Pen considère que « Mélenchon, c’est le vote bobo et immigré ». Cependant, rien ne permet d’affirmer à 100 % qu’il s’agît d’un tract provenant de l’équipe de Marine Le Pen puisqu’on y trouve ni la mention FN, ni même le nom de l’imprimerie. En effet, il serait difficile pour le FN, en pleine stratégie de dédiabolisation, d’assumer la distribution de ce type de tract. Finalement, d’autres détracteurs de Mélenchon pourraient en être à l’origine. Ainsi, Mélenchon étant face à un ennemi invisible, il lui sera compliqué de dénoncer cette attaque. On imagine mal que la distribution de ce tract reste sans suite…

Tagué , , , , , ,
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 62 followers

%d bloggers like this: