Ménage à trois

Hénin-Beaumont n’en est pas à son dernier rebondissement. Alors que la ville spécule sur la décision du Conseil Constitutionnel qui devrait bientôt se prononcer sur le recours en annulation déposé par le FN, l’UMP suggérerait à y envoyer Claude Guéant pour faire barrage à Marine Le Pen. C’est en tout cas ce qu’affirme Le Journal du Dimanche dans son édition du 4 novembre. L’ancien ministre de l’Intérieur, emblématique des années Sarkozy critiqué pour être l’agent actif des idées frontistes au sein de l’UMP pourrait être parachuté dans une circonscription où le FN est déjà très fortement implanté. Si le projet est concrétisé, un énorme choc idéologique est donc à attendre dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Cependant, à première vue, rien ne permet d’affirmer qu’un parachutage de Claude Guéant serait profitable à l’UMP. En effet, l’UMP est une force très peu implantée dans le paysage politique d’Hénin-Beaumont. Dès lors, l’UMP local avait décidé de ne présenter aucun candidat aux législatives et se contenta alors de soutenir le MoDem. De plus, une candidature de Claude Guéant serait immédiatement identifiée à la politique menée par Nicolas Sarkozy, qui fut très mal accueillie par les habitants d’Hénin-Beaumont comme en témoigne son faible score dès le premier tour de la présidentielle (15, 76 % contre 27,18 % au national). De plus, même si Claude Guéant est originaire de Vimy dans le Pas-de-Calais, l’ancien Ministre risque très probablement d’être considéré comme un parachuté qui vient opportunément profiter des hauts scores que réalise le Front National dans le bassin minier. La défaite de Mélenchon en juin dernier résultait incontestablement de son arrivée trop tardive sur place et fut tenu responsable de l’agitation médiatique qui avait alors ébranlé la ville. Après avoir accueilli Marine Le Pen et plus récemment Jean-Luc Mélenchon, Hénin-Beaumont est-elle prête à recevoir un nouveau poids lourd national ? Idée folle ou véritable intention politique ? Même ce projet ne se concrétise pas, il est révélateur d’une chose : Hénin-Beaumont devient progressivement un enjeu national majeur.

Découvrez le nouveau blog d’Octave Nitkowski :

A l’ombre des terrils

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A Hénin-Beaumont, Marine repart au front

La tempête est passée. Le calme est retombé sur Hénin-Beaumont. Les urnes ont rendu leur verdict laissant la vie reprendre son cours normal loin de l’agitation médiatique qui avait ébranlé la ville et ses habitants. Mais ce n’était que temporaire… Bientôt trois mois après ces élections législatives qui laisseront trace, la ville s’est à nouveau mise en émoi. En effet, la grande braderie de septembre est l’occasion pour les ténors politiques de faire leur rentrée. L’édition de 2012 n’a pas manqué à la règle. Ainsi, pas moins de sept partis politiques ont pris place dans le jeu de la déambulation de stands en stands et de la distribution de tracts. Mais surtout, c’est Marine Le Pen dont la venue était annoncée en grande pompe qui a mobilisé l’attention. La candidate du Front National, tombé au combat à 118 voix près est revenue au front ce dimanche et s’est à cette occasion permise bains de foule et séances de dédicace.  Sa présence aux côté des Héninois était également l’occasion de prouver l’implantation sur le long terme du Front National dans le bassin minier.
Quant à Jean-Luc Mélenchon, il était le grand absent de ce rendez-vous politique majeur. Mais le leader du Front de Gauche n’abandonne pas pour autant le bassin minier. En effet, Jean-Luc Mélenchon était de retour le 6 Septembre dernier dans le Pas-de-Calais pour faire d’Hénin-Beaumont la première étape de sa campagne contre le traité européen. Un débat fort d’enjeux quand on sait qu’Hénin-Beaumont a plébiscité  le Non à plus de 75 % au référendum de 2005. L’objectif tacite de cette visite surprise était aussi de griller la politesse à Marine Le Pen et de se faire pardonner son absence à la braderie. Car Mélenchon a beau se présenter comme une rempart au Front National, il a laissé la vague bleue marine se répandre sur la braderie, qui avait alors comme un goût de campagne électorale. Et pour cause, à Hénin-Beaumont, nombreux sont ceux qui assurent que le recours déposé par Marine Le Pen suite à sa défaite peut aboutir, provoquant alors des élections législatives anticipées. Dans le même temps, l’ombre des municipales de 2014 est le sujet de toutes les spéculations et réserve déjà son lot de trahisons, de calomnies, de menaces et d’intimidations dont Hénin-Beaumont est si friand.

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Kémel / Le Pen : Round II

20 heures. Au soir du second tour des législatives, les résultats de la ville d’Hénin-Beaumont tombent : Marine Le Pen devance son opposant socialiste avec plus de 55 % des suffrages. La France entière croit alors à une victoire du Front National dans le bassin minier, bastion historique du socialisme et berceau du mouvement ouvrier. C’était sans compter sur les résultats des treize autres communes de la circonscription. En effet, Philippe Kémel a finalement eu raison de Marine Le Pen dans l’ensemble de la 11e du Pas-de-Calais. Mais la défaite est encore plus amère pour la candidate frontiste puisque la victoire s’est jouée sur le fil pour le candidat socialiste qui ne devance sa rivale que de 118 voix dans une circonscription qui compte près de 95 000 inscrits. Même si Marine Le Pen affiche une confiance de façade en affirmant qu’à chaque élection, le Front National fait au 1er tour, le score du 2nd tour de l’élection précédente, elle n’en cache pas moins son indignation. Ainsi, dès l’annonce de sa défaite Marine Le Pen demande à la Préfecture un recomptage des bulletins compte tenu du très faible écart de 118 voix entre les deux candidats qu’elle considère comme de la tricherie. La Préfecture ayant refusé la requête de Marine Le Pen, le Front National annonce qu’il va rapidement déposer un recours sur la table du Conseil Constitutionnel pour faire invalider l’élection. C’est désormais chose faite ! Afin de faire invalider l’élection du nouvel élu, le Front National estime avoir déniché plusieurs irrégularités dans des bureaux de vote de Carvin et Libercourt. Ce sont ces deux communes qui ont incontestablement permis l’élection de Philippe Kémel puisqu’il y a atteint 53 et 57 % et ont permis d’inverser la balance. Ainsi, selon l’équipe de campagne de Marine Le Pen, les irrégularités portent sur des dizaines de signatures litigieuses entre le premier et second tour dans les deux villes concernées. Le Front National prend pour exemple des personnes qui auraient signé au premier tour et dont on trouve des croix au second tour à la place de leurs signatures. Ainsi, le Conseil Constitutionnel se donne jusqu’à la fin de l’année pour A l’issue du second tour, Steeve Briois, suppléant de Marine Le Pen avait également dénoncé des distributions illégales de tracts de la part de militants communistes sur le marché de Méricourt alors que la campagne était terminée. Cet élément ne figure cependant pas dans le recours du Front National adressé au Conseil Constitutionnel. Dans le même temps, Philippe Kémel, qui siégeait pour la première fois hier au Palais Bourbon, a affirmé que Marine Le Pen « avait tous les droits » d’engager cette procédure. Après la violence du scrutin, ce recours est le premier round de la bataille judiciaire dans laquelle s’engouffre Hénin-Beaumont…

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Dernière surprise à Hénin-Beaumont

Marine Le Pen n’aura jamais été aussi proche du but. Et pourtant, elle chute aux portes de l’Assemblée nationale à l’issue d’une campagne redoutable qui avait déjà vu l’élimination de Jean-Luc Mélenchon dès le 1er tour. Mais la défaite est encore plus amère pour le Front National puisque la victoire s’est jouée sur le fil pour le candidat socialiste qui devance sa rivale que de 118 petites voix. La victoire de Philippe Kémel témoigne ainsi de l’efficacité de la dynamique du rassemblement républicain qui s’était articulée derrière sa candidature. Il a assurément pu bénéficier d’un report de voix massif des électeurs de Mélenchon, d’une partie de la droite modérée et du centre. Cependant, cette victoire de justesse ne dissimule aucunement l’enracinement incontestable du Front National dans le bassin minier. En effet, Marine Le Pen arrive en tête dans sept des quatorze municipalités de la circonscription prouvant ainsi que le vote FN n’est plus simplement un vote de protestation mais bien d’adhésion. La candidate frontiste a mis le paquet pour faire d’Hénin-Beaumont son fief et a ainsi réussi à faire oublier son appartenance à un parti d’extrême droite en se noyant dans le paysage local. En effet, en s’implantant depuis 2006 sur une terre de gauche dévastée par un chômage massif et de fulgurantes destructions d’emplois, Marine Le Pen est apparue comme la seule candidate du monde ouvrier face à une gauche notabilisée et clientéliste. Mais la dénonciation des affaires de corruption qui minent la fédération socialiste du Pas-de-Calais et de la gestion calamiteuse d’Hénin-Beaumont par l’ancien maire, Gérard Dalongeville qui a été démis de ces fonctions en 2009 pour « détournement de fonds, faux en écriture, et favoritisme » n’a apparemment pas été suffisante pour venir à bout de Philippe Kémel dans une région encore considérée comme le bastion du socialisme. En menant une campagne de terrain en toute discrétion, le candidat socialiste a su capitaliser sur le succès de François Hollande dans une circonscription qui l’avait couronné de plus de 60 % des suffrages. Surtout, en restant insensible aux attaques du Front National et en refusant de débattre avec Marine Le Pen, Philippe Kémel a évité tout affrontement direct préférant alors se consacrer aux sujets de fond. Cependant, le candidat socialiste a presque exclusivement mené campagne dans son fief Carvin, ainsi que dans la commune voisine de Libercourt, villes les plus peuplées de la circonscription après Hénin-Beaumont. Ces deux communes où il atteint 53 et 57 % ont permis d’inverser la balance, notamment à Hénin-Beaumont où Marine Le Pen a dépassé les 55 %. Raison de plus pour le Front National de s’indigner contre la victoire de Kémel. En effet, ces deux villes ont été intégrées à la 11e circonscription à l’issue du redécoupage administratif de 2012. Le Parti socialiste a gagné de peu, mais le Front Nation intensifie son implantation dans le bassin minier, de quoi faire redouter une opposition frontiste pour les prochaines municipales aux maires socialistes et communistes de la circonscription.

Une chose est certaine. Les médias n’ont pas encore fini de parler d’Hénin-Beaumont… En effet, Marine Le Pen a demandé un recompte des bulletins compte tenu de l’écart de 118 voix entre les deux candidats qu’elle considère comme de la tricherie. Pour ce faire, la candidate du Front National n’a pas manqué de rappeler que Philippe Kémel avait déjà été soupçonné de tricherie lors de l’investiture socialiste. La Préfecture ayant refusé la requête de Marine Le Pen, le Front National va rapidement déposer un recours sur la table du Conseil Constitutionnel pour faire invalider l’élection. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon a annoncé son intention de s’implanter localement et d’ouvrir une permanence du Parti de Gauche à Hénin-Beaumont où il sera présent une fois par semaine afin de combattre durablement le Front National au cœur. Mais surtout, ce sont les municipales de 2014 qui attirent déjà tous les regards et les ambitions. En effet, Steeve Briois, suppléant de Marine Le Pen a d’ores et déjà annoncé son ambition de briguer la Marie d’Hénin-Beaumont, tout comme l’ancien maire Gérard Dalongeville dont le procès se tiendra courant 2013. A Hénin-Beaumont, les habitants n’en sont pas au dernier rebondissement. Affaire à suivre…

Actualisation : La bataille qui avait opposé Marine Le Pen et Mélenchon est loin d’être terminée. La présidente du tribunal correctionnel de Béthune a fixé au 11 octobre l’audience concernant l’affaire des faux tracts.

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L’actualité et les résultats du 2nd tour à Hénin-Beaumont en direct

Résultats 2nd Tour (11ème circonscription)

Philippe Kémel est élu député de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais.

La victoire de Kémel témoigne de l’efficacité de la dynamique du Front Républicain qui s’était articulée derrière sa candidature. Ainsi, il a pu bénéficier d’un report de voix massif des électeurs de Mélenchon, du reste de la gauche, et d’une partie de la droite modérée.

Abstention : 40,82%

Résultats 2nd Tour (Ville d’Hénin-Beaumont)

Les résultats de la ville d’Hénin-Beaumont sont à prendre avec précaution. En effet, Marine Le Pen y avait recueilli 48,21 % des suffrages, soit 5,85 points au-dessus lors du premier tour.

22h37 - La demandé de recomptage des bulletins a été refusé par la Préfecture. Le Front National annonce qu’il déposera donc un recours au Conseil Constitutionnel pour faire invalider l’élection.

21h54 – Marine Tondelier (EELV) condamne les méthodes du Front National en disant que "l’élection aurait pu être invalidée" en raison des tracts anonymes et de l’affichage sauvage.

21h46 - Steeve Briois (FN) déclare que "ce soir, il n’y a ni perdant ni gagnant" et dénonce des "milices communistes" qui auraient distribués des tracts hier sur le marché de Méricourt.

21h26 - Martine Aubry salue la victoire de Philippe Kémel.

21h00 – Marine Le Pen demande un recomptage des voix auprès de la Préfecture.

20h52 - Une dizaine hommes armés ont été arrêtés par la police à Hénin-Beaumont.

20h50 - Jean Marie Le Pen accuse Jean Urbaniak (MoDem / UMP) d’être a l’origine de la défaite de Marine Le Pen. En effet, le candidat du MoDem soutenu par l’UMP à appeler à voter pour Philippe Kémel au second tour.

20h00 - Marine Le Pen arrive largement en tête dans la ville d’Hénin-Beaumont avec plus de 55% des voix.

18h00 – Fermeture des bureaux.

17h00 – Le taux de participation à 17h dans le Pas-de-Calais s’élève à 45,67 %. Pour le 1er tour, il était, à cette heure-ci, de 47,50%..

12h00 - Le taux de participation à midi est de 17,65 % dans le Pas-de-Calais. La semaine dernière, il était, à la même heure plus faible, à 15,83 %.

11h15 - Marine Le Pen et Steeve Briois, son suppléant, votent au bureau de l’école Jean-Jacques Rousseau d’Hénin-Beaumont où elle avait recueilli 48,88 % des suffrages au premier tour.

10h00 - Phillipe Kémel, le candidat socialiste vote à Carvin, la commune dont il est le Maire avant de faire une tournée de la circonscription.

08h00 - Ouverture des bureaux de vote dans les 14 communes de la 11ème circonscription.

Résultats du 1er Tour

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De quoi Steeve Briois est-il le nom ?

Marine Le Pen l’annonce déjà comme le prochain maire d’Hénin-Beaumont. Son nom : Steeve Briois. Bien connu des habitants d’Hénin-Beaumont, le suppléant de Marine Le Pen est incontestablement l’atout charme de la candidate du FN. Militant frontiste depuis l’âge de 15 ans, il a le profil idéal. Enfant du pays, fils d’ouvrier et petit-fils de mineur, il colle les affiches et distribue des tracts depuis le lycée. Il se présente à toutes les élections pour le FN depuis 1995. Ainsi, plus la ville s’effondre sous le poids du chômage et de la désindustrialisation, plus ses scores montent. Surtout, ses succès électoraux se conjuguent à ses combats effrénés contre le Parti Socialiste local dont il participe à mettre en lumière les affaires de clientélisme et de corruption. Steeve Briois a donc contribué à préparer le terrain pour l’arrivée de Marine Le Pen en 2007. En effet, à l’occasion des législatives de 2007, il avait besoin d’un poids lourd médiatique afin de pouvoir briguer plus facilement la Mairie d’Hénin-Beaumont quand Marine Le Pen avait besoin d’un ancrage local. A l’origine de son parachutage dans le Pas-de-Calais et de sa percée à toutes les élections, Steeve Briois fut amplement remercié lors de l’accession de Marine Le Pen à la tête du parti qui le nomma alors secrétaire général du FN.  Depuis, il orchestre la campagne du Front National et laboure la circonscription grâce à un tractage acharné et des méthodes militantes inspirées du Parti Communiste. Cette présence sur le terrain est indispensable pour le Front National afin de combler les absences de la candidate frontiste qui sans lui est totalement perdue sur le terrain. Aimable, toujours prêt à rendre service, il connaît sur le bout des doigts les préoccupations des habitants et  participe à apporter une couleur locale à la figure nationale qu’est Marine Le Pen, accent ch’ti à la clef. Ainsi, la popularité dont bénéficie ce
duo de choc en ferait envier plus d’un dans le paysage politique du bassin minier. Avec son compère de toujours, Bruno Bilde, directeur de campagne de Marine Le Pen, ils ont incontestablement participé à l’incroyable percée du Front Nation à Hénin-Beaumont, pourtant bastion historique du socialisme. Âgé de 39 ans, Steeve Briois est donc indispensable à Marine Le Pen d’abord pour sa présence locale mais aussi parce qu’en tant que fils d’ouvrier, il crédibilise le discours de Marine Le Pen auprès des classes populaires et incarne le changement de discours du Front National.

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Les sondages, les autres perdants d’Hénin-Beaumont

Au-delà de sa défaite à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon a sans doute été victime des sondages. Comme à la présidentielle, les instituts de sondages ont sous-estimé Marine Le Pen et surestimé Mélenchon, apparaissant alors comme les autres grands perdants du premier tour des législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Certes,  le trio de tête a été donné mais les sondages se sont trompés sur plusieurs points. Ainsi, même si Marine Le Pen a été placée en tête, elle a réalisé un score beaucoup plus élevé que prévu, l’écart s’élevant parfois à plus de dix points. Mais surtout, en plaçant Jean-Luc Mélenchon en deuxième position devant le socialiste Philippe Kémel, les sondages se sont lourdement trompés. Même si certains sondages publiés juste avant le premier tour avaient noté que l’écart se resserrait entre Mélenchon et son rival socialiste, ils n’ont cependant pas réussi à annoncer des résultats proches de la réalité. Cet échec des enquêtes d’opinion met en perspective les difficultés qu’ont les instituts de sondage à annoncer des résultats proche de la réalité dans les scrutins locaux. En effet, les échantillons étant limités, les marges d’incertitudes sont beaucoup plus importantes que celles de la présidentielle et expliquent alors le manque de fiabilité des sondages qui étudient les circonscriptions. D’autre part, même si certains habitants d’Hénin-Beaumont font preuve d’un « marinisme décomplexé », le vote Front National reste difficile à évaluer, surtout dans un bastion socialiste et communiste où les électeurs n’assument pas forcément leur choix. Au-delà de la question des sondages, qui se destinent normalement uniquement à faire la photographie de l’électorat à un moment précis, leur faillite à Hénin-Beaumont s’est révélée être un véritable sujet politique. En effet, en début de campagne, Mélenchon, à peine parachuté, était crédité de 25 % dans les sondages, ce qui n’avait pas manqué d’indigner  Marine Le Pen dénonçant son principal rival comme « le candidat des sondeurs et des journalistes ». Ainsi, cette faillite des sondages donne raison au Front National et participe donc à renforcer les critiques que porte depuis longtemps Marine Le Pen à l’encontre des sondages. De son côté, Herve Poly, suppléant de Mélenchon, explique la défaite du candidat du Front de Gauche par  la publication d’un sondage juste avant le premier tour plaçant Philippe Kémel comme le candidat le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour. Le candidat socialiste disposant alors d’une majorité plus confortable a donc pu bénéficier d’un vote utile au dernier moment. Les sondages ont donc joué un rôle déterminant dans la campagne du premier tour, mais il sera difficile pour eux d’apparaître comme crédible compte tenu de leurs multiples erreurs. Cependant, les instituts de sondages s’accordent à prévoir un second tour très serré. En effet, le Front National a recueilli 42 % des voix dès le premier tour tandis que le candidat du centre et de la droite a fait 8 %. Ainsi, si l’on se place dans la perspective d’un report de voix de la droite modérée vers Marine Le Pen, la candidate du Front National peut espérer frôler les 50 %. Il faut toutefois noter que le candidat du MoDem soutenu par l’UMP, Jean Urbaniak appelle à voter Philippe Kémel au second tour. Ainsi, la circonscription reste gagnable pour le candidat socialiste qui compte bien rassembler derrière lui les électeurs de Mélenchon et du reste de la gauche dans le cadre d’un Front Républicain. Mais, cette mobilisation derrière le Parti Socialiste reste fragile compte tenu de l’abstention massive qui s’est élevée à 42 %.

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Quel avenir pour Mélenchon à Hénin-Beaumont ?

« Ce soir, c’est le cœur paisible que je vais quitter cette scène…mais pas ce département ». C’est en prononçant cette phrase que Jean-Luc Mélenchon clôture l’annonce de sa défaite à Hénin-Beaumont. Digne, le visage grave mais esquissant toutefois un léger sourire, Jean-Luc Mélenchon déclenche immédiatement une vague de spéculation chez ses militants, venus le rencontrer une dernière fois. Restera ? Restera pas ? Pour eux, le message subliminal est clair : Il n’est pas question pour Mélenchon de quitter le bassin minier de sitôt. Le suspense tombe rapidement lorsque, dans un entretien accordé à La Voix du Nord, Mélenchon annonce clairement son désir de s’ancrer localement. Cependant, il n’est pas question pour lui de briguer un nouveau poste politique dans le Pas-de-Calais, mais plutôt de faire vivre le débat d’idées. Ainsi, Mélenchon a pour ambition de proposer une manière différente d’envisager la politique, ne se limitant pas au fait d’être candidat. Derrière ce projet, le leader du Front de Gauche espère bien combattre le Front National au cœur, ne se limitant plus cette fois au duel médiatique mais à des questions de fond, qui étaient totalement absentes lors de la campagne du premier tour. Mélenchon a donc pris conscience de ses erreurs et espère dynamiser davantage son action dans le bassin minier sur le long terme. C’est dans cette perspective que Mélenchon, même sans légitimité d’élu, interviendra dans les prochains rendez-vous électoraux, qui promettent d’être musclés. En effet, le Front National présentera sans doute des candidats dans chaque municipalité de la circonscription, désirant capitaliser sur les hauts scores de Marine Le Pen, qui arrive en tête dans toutes les communes de la 11e, à l’exception de Noyelles-Godault, fief de Jean Urbaniak, candidat du MoDem soutenu par l’UMP. Mais le combat s’annonce plus tendu encore à Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen annonce déjà Steeve Briois, son suppléant et secrétaire général du FN, comme le prochain Maire. Mélenchon y épaulera sans doute le candidat du Front de Gauche et pourquoi ne pas y être candidat… Hypothèse qui n’est pas exclue par les proches de Mélenchon qui affirment que toutes les prochaines décisions se feront en collectif. Dans ce contexte, le leader du Front de Gauche bénéficie d’un atout de poids qu’est la mobilisation de la machine militante communiste qu’il a remise en marche en faisant revivre la mémoire ouvrière du bassin minier. Ainsi, Mélenchon se prépare à quadriller le terrain pour faire vivre ses idées et de ne pas laisser Marine Le Pen faire de Hénin-Beaumont, le bastion du Front National. En nietzschéen convaincu, Jean-Luc Mélenchon jure que « Ça ne fait que commencer ! ». Tant que Marine Le Pen n’est pas prête de quitter Hénin-Beaumont, Mélenchon n’est pas prêt de lâcher le bassin minier.

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La guerre des fronts n’aura pas lieu

Jean-Luc Mélenchon perd pour la seconde fois le duel qu’il avait engagé avec Marine Le Pen. La présidente du Front National, bien implantée localement est arrivée en tête du premier tour avec plus de 40 % des voix. Mais surtout, le candidat du Front de Gauche a été devancé par son concurrent socialiste, Philippe Kémel qui sera donc au second tour. Pourtant favori des sondages, Mélenchon n’a pas réussi son pari de se présenter face Le Pen dans un duel inédit dans l’histoire de la Ve République.

Jean-Luc Mélenchon, arrivé surprise à Hénin-Beaumont quelques jours seulement après la présidentielle n’avait que quatre semaines pour séduire. Cela ne l’a pas empêché de mener une campagne dynamique, en multipliant les réunions publiques, les meetings en plein air et surtout en menant une marche pour la fraternité et contre l’austérité qui avait alors rassemblé plusieurs milliers de personnes. Mélenchon a ainsi fait revivre la mémoire ouvrière en s’appropriant les symboles du bassin minier. Le leader du Front de Gauche avait également engrangé le soutien du MRC, véritable force de frappe de la circonscription, et de certains élus socialistes, convaincus que Mélenchon pouvait alors instaurer une « gauche sans complexe et sans casserole ». En effet, Mélenchon, conscient que élection se jouait au premier tour, pariait sur une mobilisation massive de l’électorat socialiste en apparaissant comme la relève à gauche dans un département où le PS est fragilisé dans des affaires de corruption et de clientélisme. Mais cela n’aura pas suffi à Mélenchon pour s’imposer devant le socialiste, Philippe Kémel, jusqu’alors considéré comme « le plus connu des candidats inconnus ». Mais la défaite est encore plus amère pour Mélenchon quand on sait qu’il n’y a que milles voix d’écarts entre les deux candidats.

Le candidat du PS avait pourtant mené une campagne sans grande originalité, incarnant à merveille la « normalité » engagée par Hollande lors de la présidentielle. En effet, cet ancien professeur d’économie logistique, au profil très technocratique paraissait bien effacé face au duel front contre front et tout le battage médiatique qui s’articulait autour des candidatures de Mélenchon et de Le Pen. Mais c’est cependant cette campagne un peu terne qui fut sa principale force. En s’appuyant sur sa légitimité de représentant de la majorité présidentielle dans une circonscription qui a voté à plus de 60 % pour Hollande au second tour de la présidentielle, Philippe Kémel a su offrir une perspective rassurante aux électeurs. Fort de son expérience de terrain en tant que Maire de Carvin, deuxième ville de la circonscription, et Vice-Président du Conseil régional a conférer une dimension locale et traditionnelle à sa campagne en se tenant à l’écart de la bataille entre les deux fronts à Hénin-Beaumont reclus dans sa Mairie de Carvin. Ainsi, Kémel s’est contenté d’une seule réunion publique à l’occasion de la visite de soutien de Martine Aubry, qui n’avait pas cédé face aux demandes de certains élus locaux qui plaident en faveur du désistement du candidat socialiste en faveur de Mélenchon dès le premier tour. Philippe Kémel avait également l’avantage de n’être en rien associé aux affaires de corruption et de clientélisme qui minent la fédération socialiste du Pas-de-Calais. Mais surtout, Phillipe Kémel doit incontestablement sa présence au second tour à son fief de Carvin, seule municipalité de la circonscription où il est arrivé en 2e position.

L’équipe de campagne de Mélenchon s’accorde à justifier la défaite de Mélenchon par la publication d’un sondage juste avant le premier tour plaçant Philippe Kémel comme le candidat le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour. Le candidat socialiste disposant alors d’une majorité plus confortable a donc pu bénéficier d’un vote utile de taille puisque lui permettant sa qualification au second tour au nez et à la barbe de Mélenchon qui n’apparaissait alors pas en mesure de battre le Front National. En effet, Mélenchon est tenu comme responsable de toute l’agitation médiatique déferlant sur Hénin-Beaumont qui finissait par agacer nombre d’habitants. Même si le Front National était lui aussi impliqué dans ce battage médiatique, Mélenchon, arrivé plus tardivement est considéré comme le principal coupable de ce climat de tension. Même si Mélenchon a centré sa campagne sur le terrain social en défendant l’augmentation du Smic à 1700 €, il est plus apparu comme revanchard de Marine Le Pen, menant une bataille personnelle et non électorale. Ainsi, le candidat du Front de Gauche n’est pas parvenu à se défaire de son image de « parachuté » surtout lorsqu’il avait face à lui, Marine Le Pen implantée depuis 2006 à Hénin-Beaumont et bénéficiant du solide soutien de militants de terrain qui ont collé et tracté sans relâche. Les fameux faux tracts appelant à voter pour le candidat du Front de Gauche en français et en arabe ont aussi participé à éliminer Mélenchon dès le premier tour. En effet, nombreux furent les habitants de la 11e circonscription à n’y avoir vu que du feu.

Mélenchon éliminé, le PS et son représentant, Philippe Kémel doivent désormais affronter seuls Marine Le Pen, déjà très agressive envers son nouvel opposant qu’elle considère comme un candidat « inodore, incolore, sans saveur, sans portée, et donc inutile ». Surtout, elle lui reproche de ne pas avoir dénoncé la gestion calamiteuse de l’ancien Maire d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, démis de ces fonctions pour corruption, détournement de fonds, faux en écriture et favoritisme. Après la bataille front contre front, la guerre Front national contre Front républicain risque d’être brutale à Hénin-Beaumont. Cependant, les militants socialistes restent confiants. Marie Le Pen fait certes 42 % dès le premier tour, mais il lui sera difficile de mobiliser pour le second tour, ne pouvant tabler que sur quelques maigres réserves de voix. Fort de son enracinement local, Philippe Kémel pourra quant à lui bénéficier d’un soutien massif des électeurs de Mélenchon et aussi de la droite modérée et républicaine qu’incarne le candidat du MoDem soutenu par l’UMP, Jean Urbaniak. Derrière cette surprise qu’est l’élimination de Mélenchon au premier tour, il faut tout de même rappeler que l’abstention a atteint 42 % dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Ainsi, le destin de la 11e circonscription est désormais entre les mains des abstentionnistes.

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[Direct] Hénin-Beaumont : Kémel crée la surprise

Les résultats du premier tour des élections législatives dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, où s’affrontent notamment Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Résultats 1er Tour (11ème circonscription)

A la surprise générale, c’est Philippe Kémel qui affrontera Marine Le Pen au second tour.

Abstention : 42,88%

Résultats 1er Tour (Ville d’Hénin-Beaumont)

 Sondage 2ème Tour

 Sondage IFOP-Fiducial

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